La Libre.be > Culture > Cinéma > Article
Cinéma | Avant-propos
"Berlusconi, cercle final de la décadence"
Guy Duplat
Mis en ligne le 28/11/2009
Pippo Delbono est une des figures les plus douées et les plus attachantes des scènes actuelles, pratiquant un théâtre généreux, poétique, engagé, populaire dans le bon sens du terme. L’Italien, qui a vécu lui-même des épisodes douloureux dans sa vie, parle de ses rêves et de ses rages et il s’est entouré d’une troupe sans pareille mêlant acteurs géniaux et laissés-pour-compte à l’image de Bobo, sourd-muet qu’il a arraché à l’hôpital psychiatrique de Naples.
Ce grand sensible a une seconde passion : le cinéma. Il sera ce week-end en personne au Palais des Beaux-Arts pour présenter trois longs métrages. "El Grido" samedi soir à 20h, "Guerra" dimanche à 15h et "La Paura" (la peur) dimanche à 16h30.
"El Grido" est une autobiographie dans laquelle il revient sur ses rencontres, notamment avec Bobo et le sens de ce compagnonnage qui les lie. "Guerra" reprend un spectacle et sa tournée en Palestine. Le film fut sélectionné à la 60e Mostra de Venise
Enfin, "La Paura", présenté en avant-première, fait l’événement : un film entièrement tourné avec un portable, par Pippo Delbono seul. Ensuite seulement, une équipe a procédé au montage.
Il s’explique d’abord sur son amour pour le cinéma : "J’ai toujours filmé, avec passion, mais ce n’est que depuis peu que je réalise des longs métrages. Le film me permet de rester regarder dans les yeux, de pénétrer dans une intimité plus profonde. Le théâtre et le film sur le théâtre sont des genres très différents. Avec un film, je fais voir ce que je veux, je contrains le spectateur alors que le théâtre est plus ouvert. La preuve : voir une pièce de théâtre seul dans la salle est tout différent que voir un film seul. Le théâtre a un rituel circulaire scène-public que le cinéma n’a pas."
Mais parlons de "La Paura", curieux objet. "Il y avait une nécessité de mener de front mon dernier spectacle "la menzogna" (le mensonge) au départ du scandale survenu dans une usine de Turin et ce film. Ce sont comme deux faces d’une même dénonciation du racisme et du fascisme. Les deux portent la même douleur. Avec mon portable, j’ai filmé ainsi les funérailles d’Abdul, l’Africain, tué pour avoir volé des bananes. Au départ, je ne pensais pas filmer avec un portable, je me disais que cela appartenait à la jeune génération, y compris en ce qu’elle a futile. Mais j’ai découvert que le portable pouvait donner une image de qualité, comme un 16 mm, et que filmer ainsi donnait la sensation de l’âme. Un grand sentiment s’en dégage. Et si le portable peut être irritant, ce sont ses films qui nous ont informés des luttes en Iran et Birmanie."
"Je suis donc parti avec mon portable, tout seul. J’ai filmé trois moments de notre époque. La guerre israélo-palestinienne d’abord, en montrant les choses y compris les destructions, mais sans idéologie, en libérant les yeux. Je montre aussi le mémorial de Yad Vashem et les paroles de paix. J’ai filmé aussi les hôpitaux psychiatriques. C’est là que j’ai rencontré Bobo et quand on vit une rencontre comme ça ! L’Italie a connu une vraie révolution, ce fut celle du psychiatre Basaglia ouvrant les portes des asiles. Enfin, je filme le racisme et le fascisme de l’Italie d’aujourd’hui. La télévision a perverti le regard des gens. L’Italie est devenue brute, perdant son histoire pour ne plus avoir que l’apparence. Il y a trop de masques dans le pays, trop de mensonges et de corruption, entrés jusque dans les plus petits lieux et dont Berlusconi n’est finalement que le cercle final."
Brooklyn Decker : un corps de déesse à l'honneur
Ghinzu a joué dans son jardin
Ouverture des festivités du carnaval de Venise
Jean-Paul Knott Event
Deschamps copie-t-il Gerets ?...
Coulées de boue en Californie
Tempête historique aux...