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17e Festival du film fantastique de Gérardmer
Le fantastique par la gran de "Porte" à Gérardmer
Hubert Heyrendt
Mis en ligne le 01/02/2010
De mémoire de festivalier, cela fait bien longtemps qu’on n’avait plus vu cela. Gérardmer a en effet croulé sous la neige, son lac entièrement gelé offrant un cadre enchanteur à la 17e édition du Festival du film fantastique, qui s’est clôturée hier soir. Voitures dérapant, soirée en haut d’un col annulée : le froid et les tempêtes de poudreuse ont conféré au rendez-vous un réel cachet. Côté cinéma, la Compétition, globalement d’un bon niveau, proposait un beau panorama de la production fantastique actuelle, principalement européenne. Pour autant, aucun film n’a réellement déclenché les passions, si ce n’est le franco-belge "Amer" d’Hélène Cattet et Bruno Forzani. Très expérimental, ce premier long métrage en forme d’hommage au giallo italien explore le fétichisme sous toutes ses formes, notamment cinématographiques. Un exercice de style froid qui a provoqué la division : une bonne partie du public a quitté la projo en cours de route ou a sifflé le film, tandis que les puristes intellos applaudissaient des deux mains. "Amer" est néanmoins reparti bredouille
Cette année, Gérardmer avait fait appel à l’Américain John McTiernan pour présider le jury. Très ému de cet hommage alors que sa carrière est au point mort depuis 7 ans, le réalisateur de "Predator" et "Piège de cristal" a préféré offrir le Grand Prix à un petit film allemand, "La porte", d’Anno Saul. Une œuvre au léger parfum de non-sense nordique qui voit un homme pouvoir revivre sa vie Mais que faire de son double du passé ? Un rôle en or pour le toujours aussi impressionnant Danois Mads Mikkelsen. Le Prix du jury récompensait un autre rôle dédoublé, celui de Sam Rockwell en astronaute isolé sur une base lunaire dans "Moon", premier long du Britannique Duncan Jones. Une réflexion envoûtante sur l’identité humaine et sur l’écologie qui a également reçu le Prix de la critique internationale.
Côté public, le jury SyFy a misé sur l’horreur et les zombies avec le très gore "La horde", des Français Yannick Dahan et Benjamin Rocher. Un film d’exploitation pur et dur qui, malgré quelques scènes d’anthologie, pèche par des dialogues et une interprétation bien faibles. "La horde" partait grand favori également pour le Prix du public mais les Gérômois lui ont finalement préféré l’agréable fantaisie "5150 rue des Ormes" du Québécois Eric Tessier. Enfin, le Jury Jeunes restait dans du classique en offrant son Prix à "Possessed", du Sud-Coréen Yong-Joo Lee, le seul film asiatique en Compétition et qui ne témoignait pas d’un réel renouveau du genre en Asie
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