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Persécution°

Têtes à claques

F.Ds

Mis en ligne le 03/03/2010

Je te prends la tête, moi non plus, version Chéreau.

Quand c’est simple, j’aime pas". La phrase claque comme un cri du cœur, elle tourne aussi comme une clef. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi être tendre avec la personne qu’on aime, alors qu’on peut l’agresser ? Pourquoi être sympa et chaleureux avec son meilleur ami alors qu’on peut être ignoble et lui aboyer dessus ? Pourquoi prendre plaisir à regarder un film alors qu’on peut s’emmerder à voir Romain Duris et Charlotte Gainsbourg disséquer leurs sentiments comme un médecin légiste examine un noyé ayant séjourné des mois dans la vase ?

Ce n’est pas fréquent d’être confronté à un film qui semble vous reprocher d’être là. A chaque plaque plan, on se dit que Romain Duris va nous dire : "Tu veux ma photo ?". "Ca ne te dérange d’être dans ma chambre pendant je nique ma gonze ?". "Dégage ou je te pète la gueule". Ceci dit, on n’a pas peur, il ne voit pas plus loin que lui, il est si égocentrique. Patrice Chéreau épate là, car faut oser un film aussi antipathique. Impossible de s’intéresser au moindre personnage. Pas même à Charlotte. La pauvre, après Lars von Trier, elle ne méritait pas cela. C’est étrange de réaliser un film sur des individus insupportables, tellement ils se prennent le chou, tellement ils se la pètent grave. Ceux qui m’aiment prendront le train disait Chéreau. On peut tous les envoyer à la gare.

Savoir Plus

Réalisation, scénario : Patrice Chéreau. Avec Duris, Gainsbourg 1H40.

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