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Blanc comme neige **
Blanc sur noir
Fernand Denis
Mis en ligne le 17/03/2010
Blanc comme neige. Par Christophe Blanc. Avec une toute première image immaculée comme le plus fameux tableau de Malevitch, comme le carré blanc sur fond blanc. Voila un film qui annonce la couleur. Rouge ! Celle qui s’échappe d’un corps couché dans la poudreuse. Comment celui-là est-il passé du blanc comme neige au rouge sang ?
Flashback. Comme dans un film Noir.
Maxime est patron d’un garage de luxe sur la Riviera. Que de la grosse cylindrée pour petits zizis. Enfin, copropriétaire puisqu’il travaille avec un associé, Simon. Max est l’envers et Simon le revers, ils jouent la même pièce mais l’un ignore ce que fait l’autre. Jusqu’au jour où Simon disparaît dans un curieux accident. C’est alors que Maxime voit surgir trois types, blonds comme la Finlande, avec des mines patibulaires, des flingues et la dette d’un million d’euros de Simon. Max a beau leur expliquer qu’il n’est pour rien dans les combines de son associé; nos amis ne sont pas d’humeur à "finnoiser", c’est la bourse ou la vie.
Il y a bien la police, mais un concessionnaire de grosses bagnoles, allez savoir pourquoi, ça n’aime qu’on vienne tripatouiller dans ses comptes. En désespoir de cause, il fait donc appel à ses deux frères, ses deux losers qui vivotent dans leur chenil, l’aîné n’étant guère présentable à cause de son casier judiciaire. Le trio est-il vraiment de taille à affronter une bande de tueurs au sang-froid ?
En tout cas, il y a de quoi enchanter l’amateur de thriller avec une méchante tension dramatique. D’autant que Maxime déguste à chaque séquence, payant à chaque nouvelle scène un prix de plus en plus prohibitif pour une embrouille qu’il n’a pas commise.
Est-il blanc comme neige pour autant ?
C’est là que la tension gagne en épaisseur. Quand on voit sa villa de CEO de chez Fortis à côté du taudis de ses frères; la tension familiale se charge aussi méchamment. Et ces deux lignes dramatiques peuvent mener loin. Jusqu’en Finlande.
En excellente compagnie. Avec François Cluzet. Ne le dites pas à personne mais le polar lui va bien. En type complètement paniqué qui veut malgré tout paraître sûr de lui, en type qui s’accroche à son bon droit comme un patron à son parachute doré; il échappe à tous les clichés. C’est qu’il est bien encerclé par les Belges. Gourmet, l’aîné au casier, est tout en force, et son petit frère, Jonathan Zaccaï, en fragilité. Alors que Bouli Lanners incarne l’âme damnée à sa manière, unique.
Christian Blanc n’a pas raté son film Noir.
Savoir Plus
Réalisation : Christophe Blanc. Scénario : Christophe Blanc, Roger Bohot. Image : Laurent Brunet. Avec François Cluzet, Olivier Gourmet, Louise Bourgoin, Jonathan Zaccaï, Bouli Lanners 1h34
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