La daube de la semaine

Plus la communauté est réduite et enracinée; plus le propos se révèle universel, dit-on souvent. On se trouve ici dans un quartier populaire d'une ville israélienne, un petit ensemble de logements sociaux autour d'un vieil arbre qui fait de l'ombre aux vieux et sert de jeu aux enfants.

Plus la communauté est réduite et enracinée; plus le propos se révèle universel, dit-on souvent. On se trouve ici dans un quartier populaire d'une ville israélienne, un petit ensemble de logements sociaux autour d'un vieil arbre qui fait de l'ombre aux vieux et sert de jeu aux enfants.

Notre premier contact, c'est Aharon, qui s'est introduit dans l'appartement de la classieuse Melle Blum. Et en sort in extremis par la branche de l'arbre. On croise ensuite sa sœur Yochi, adolescente dans la mauvaise période de la chrysalide, sa grand-mère qui n'a plus le gaz à tous les étages, son père qui a les qualités du papier peint, car sa mère occupe tout l'espace. Elle ne parle pas, elle hurle. On voudrait être sourd pour ne pas l'entendre, aveugle pour ne pas la voir, bref vivement qu'on passe à l'appartement d'à côté faire connaissance avec les autres habitants du quartier. Ce n'est malheureusement pas dans les intentions du réalisateur Nir Bergman qui s'en tient à ces quelques caricatures grossièrement brossées.

Il est donc difficile de s'intéresser à ces personnages réduits à des clichés mais peut-être y a-t-il un sujet, éclairé d'un angle particulier ? Oui, le petit Aharon reste le petit Aharon. Les années passent et il ne grandit pas alors que son copain n'arrête pas et le dépasse désormais d'une bonne tête. Sa mère pense que lui gueuler dessus va relancer la croissance alors que le gamin imagine que se bourrer les narines avec des boulettes de papier pourrait avoir de l'effet. Il faut bien constater que ni l'une, ni l'autre des thérapies ne fonctionne.

Des personnages à l'état de clichés, un sujet pas traité, il reste peut-être la mise en scène pour s'occuper un peu. Le moins qu'on puisse dire sur ce point, c'est que Nir Bergman porte un patronyme bien encombrant car il invite à la comparaison. Il y en a donc pour 108 minutes à se demander ce qu'on regarde, quand on finit par remarquer l'insistance du réalisateur sur l'année 1963. Ce film d'initiation doit sans doute avoir une portée métaphorique pour la communauté sioniste. Encore faut-il être israélien pour la décoder.

F.Ds

Réalisation : Nir Bergman. Scénario : N. Bergman d'après le roman de David Grossman. Avec Roee Elsberg, Orly Zilbershatz, Yehuda Almagor, Yael Sgersk 1h50

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Nos dernières critiques

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...