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A l’ouest de Pluton **

24 h ado (vidéo)

F.Ds

Mis en ligne le 01/09/2010

Une journée et une plongée réaliste parmi la jeunesse québécoise.

Classe d’ados, 16 ans environ, exercice d’expression orale. Sujet libre. Libre de parler de ce qu’on veut, de ce qu’on aime. Chacun défile sur l’estrade. Face à la classe, face à la caméra. Une blonde s’avance avec une photo de Ben Afleck. Elle aurait préféré parler de Matt Damon, mais une ex-amie a été plus prompte. L’un se passionne pour le recyclage et l’autre adore le beurre de cacahuète. Il y a le musicien, la danseuse, celui qui a la tête dans les étoiles. Sa planète préférée, c’est Pluton. La Nasa a envoyé une sonde en 2006, elle arrivera en 2015. Entre-temps, Pluton a perdu son statut de planète.

Henry Bernadet et Myriam Verreault ont trouvé une porte d’entrée rigolote, anodine, mais bien instructive et révélatrice pour faire connaissance avec la nouvelle génération québécoise. Tellement fournie, qu’on a peine parfois à se souvenir quelle était la passion de celui qu’on découvre ensuite à la maison. C’est là qu’apparaissent leurs autres centres d’intérêt, côté filles ou côté garçons, c’est drague et drogue. La fête, quoi ! Ce soir, elle se déroule chez la rejetée qui s’est fait forcer la main. Elle n’a pas pu refuser cette opportunité offerte de réintégrer le groupe où elle était marginalisée. Fausse bonne idée, on est cruel à cet âge-là, et la soirée part méchamment en vrille.

Si on en croit le cinéma, la jeunesse québécoise vit donc à l’ouest, livrée à elle-même, à la bière, aux joints, à la nuit, aux vibrations fortes : le skate, le sexe, etc. Tous sont plus ou moins en panne de famille équilibrée : père absent, mère omniprésente. En panne de sentiments, on ne veut que des sensations, on ne partage pas, on prend.

Et Pluton dans tout cela ? On ne maitrise par toujours la métaphore. S’agit-il d’y voir, sur le pas de tir, les jeunes au moment de s’arracher de la planète familiale en direction d’une destination bien lointaine ? Avec "J’ai tué ma mère", de Xavier Dolan, et "Tout est parfait", d’Yves Christian Fournier, "A l’ouest de Pluton" dessine une fresque d’autant plus hyperréaliste qu’il n’y a pas d’hystérie ni de suicide collectif, pas d’effets de dramatisation, cette fois. Henry Bernadet et Myriam Verreault captent, nons sans humour, au plus juste, au plus fidèle, le mal-être, les désirs, l’état d’esprit, la fragilité d’une génération qui cherche sa trajectoire, sa direction. A l’ouest.

Réalisation, scénario, production, montage : Henry Bernadet et Myriam Verreault. Avec Alexis Drolet, David Bouchard, Anne-Sophie Tremblay, Yoann Linteau 1h35.

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