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L’envers du Blu-ray

A.Lo.

Mis en ligne le 08/09/2010

Quatre sorties récentes offrent ainsi des exemples contrastés.

Les Blu-ray envahissent désormais les linéaires des grandes surfaces et bousculent les rayons de leur ai DVD dans les vidéo-clubs qui n’ont pas encore fait faillite. Pour autant, la galette haut-déf apporte-t-elle un plus ? Côté image, indéniablement. Encore faut-il avoir le téléviseur ad hoc - HD, donc - et correctement calibré, afin de profiter de la quintessence de l’image cinématographique. Même acquis dans les oreilles, pour autant, encore une fois, d’avoir l’équipement idoine. Question contenu, par contre, tout dépend de l’éditeur, de son imagination et de son investissement. Quatre sorties récentes offrent ainsi des exemples contrastés.

Wolfman de Joe Johnston (Universal) propose d’abord conjointement la version salles et le director’s cut. Mais, surtout, outre l’inévitable commentaire, elle offre en interactivité un pertinent parcours cinéphilique. Par un jeu d’incrustations commentées, on peut durant le visionnage du film voir les scènes des classiques du cinéma d’horreur, ou les variantes des scènes imposées du genre. Le sujet se prête évidemment idéalement à cette mise en abime, qui donne une furieuse envie de revoir (ou de découvrir) ces grands classiques. Dans le même ordre d’idées, une autre interactivité décrypte le mythe du loup-garou à travers les âges.

Océans de Jacques Perrin et Jacques Clouzeau (Melimedias) va également au-delà du film dans son édition Blu-ray. La version commentée par le tandem et le plongeur-océanographe François Sarano est, déjà, un contre-point au film, qui se voulait une symphonie. Là, "Océans" prend des allures de "Jardin extraordinaire", avec les descriptions passionnées sur les espèces que l’on contemple. L’un des aspects les plus frustrants en salles était que celles-ci n’étaient jamais identifiées : l’interactivité permet ici des légender et de localiser chaque séquence. Quelques scènes coupées prolongent le plaisir de la découverte, tandis que le making of révèle comment certains plans, jusque là "impossibles", ont pu être réalisés. Le petit documentaire "Anatomie d’une scène", qui décortique celle, fantastique, de la mue des araignées de mer, est un mini-cours de narration cinématographique et de montage visuel et sonore.

Plus frustrantes sont, par contre, les éditions de Shutter Island, le dernier film de Martin Scorsese (Paramount), et de L’Impasse (1994) (Universal), où Brian De Palma retrouvait Al Pacino 13 ans après "Scarface". Certe, tout le sens de l’image, du montage, du rythme des deux auteurs ressort grâce au support - avec la HD, on redécouvre même "L’Impasse". Mais quelle paresse éditoriale pour deux cinéastes de nature à offrir d’enrichissants bonus - on aurait pu, par exemple, mettre en perspectives les références au film noir sur "Shutter Island". Au lieu de quoi, il faut se contenter de classiques et relativement courts bonus, où les deux réalisateurs et certains de leurs collaborateurs reviennent sur la production : au cout moyen du Blu-ray, ça fait cher la HD.

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