Cinéma

"Le réalisateur espagnol le plus prometteur depuis Almodovar." Cette phrase barre la jaquette du DVD en caractères quasiment aussi forts que le titre, du moins a partir de sa cinquième lettre. "Azul oscuro casi negro" raconte l'histoire d'un jeune homme disposant d'un master de gestion en poche, mais qui vide les poubelles d'un grand immeuble afin de pouvoir s'occuper de son père qui ne peut plus rien faire tout seul. Il a aussi un frère en prison, lequel va lui faire une demande aussi pressante qu'inattendue : engrosser une détenue dont il est amoureux. C'est vrai qu'il y a de l'Almodovar là-dedans, d'autant qu'il reste des éléments gratinés. Il est normal pour le réalisateur de "Tout sur ma mère" d'avoir des héritiers, des descendants, des disciples. Et il serait faux de dire que Daniel Sanchez Areval a loupé son film. Il a des idées épatantes de mise en scène - pour éviter le champ contre champ notamment -, sa direction d'acteurs est sans faille, son sens du montage est virtuose. Toutefois, on ne peut s'empêcher de penser qu'avec le même scénario, Pedro aurait forcément fait beaucoup mieux. Plus émouvant, plus délirant, plus profond aussi. En bonus, on trouve un entretien avec le jeune réalisateur ainsi qu'un de ses courts métrages. (F.Ds) (Cinéart/Twin Pics)