Cinéma

"Vous êtes gothique, c’est classe à votre âge !" dit une chanteuse people débarquant à l’heure du dessert dans un dîner. C’est qu’elle s’adresse à la grande bourgeoise, la septantaine raide et stylée, qui vient de verser une larme au bout de la table et n’avait pas lésiné sur le mascara.

Soit une bonne réplique parmi quelques autres, mais pas de quoi en faire un film, d’autant que le pitch est mince.

Ignorant la présence d’un baby phone allumé, deux invités, plantés devant le berceau d’un bébé endormi, échangent commentaires et informations désobligeants à l’égard des autres convives qui n’en perdent pas une miette. L’un trouve la gamine moche et l’autre avoue avoir couché avec la mère.

On est au niveau du théâtre de boulevard formaté. D’ailleurs, on ne sortira pas de l’appartement et aucun personnage ne sortira de son stéréotype.

Dans ce cas-là, on attend le salut du côté du dialoguiste ou des acteurs. Le minimum syndical est-il atteint avec cinq bons mots à l’heure ? Pas sûr. Quant aux acteurs, ils font le job, sans plus. Sauf Pascal Demolon. Dans le rôle d’un producteur musical faux-cul, il est le seul à faire le job, avec plus.


© IPM
Réalisation : Olivier Casas. Avec Medi Sadoun, Anne Marivin, Pascal Demolon… 1 h 25.