Cinéma

Oh la belle daube ! Si cette série Z de première classe est parvenue à se faufiler jusque sur nos écrans, c’est sans doute à cause de son réalisateur Dean Devlin, auteur l’année dernière du frelaté "Geostorm", blockbuster trumpien sur fond de réchauffement climatique qui nous rejouait la surpuissance de l’Amérique.

Découvert comme scénariste en 1992 (d’"Universal Soldier" avec JCVD), Devlin a ensuite signé le script d’"Independence Day" et "Godzilla" pour Roland Emmerich. Bref, le bonhomme fait du lourd ! Même si "Bad Samaritan" n’est pas un blockbuster, plutôt un petit film d’exploitation bas de gamme, avec son intrigue au rabais, sa réalisation bâclée et son casting de troisième zone. Où même l’Ecossais David Tennant arrive à être mauvais comme un cochon !

L’ex- "Doctor Who" (qu’il incarna pendant 12 ans à la BBC) campe ici un richissime pervers qui, suite à un trauma dans son enfance avec un cheval, enlève des jeunes femmes. Non pas pour les violer mais plutôt pour les torturer ou plutôt les "dresser". Ses plans sont contrecarrés par un jeune cambrioleur (Robert Sheehan) qui, s’introduisant dans sa superbe maison des hauteurs de Portland, Oregon, tombe sur une jeune femme apeurée retenue captive. Mais ni la police, ni le FBI ne semblent enclins à croire le gamin et son improbable histoire…

Pas plus que le spectateur d’ailleurs, face à un scénario maladroit et bourré d’incohérences, qui semble tiré d’un mauvais épisode de "Cold Case" ou d’"Esprits criminels". Mais un épisode qui durerait près de deux heures, manquant de rythme et surtout d’un peu de second degré. Un peu d’humour aurait pu faire de "Bad Samaritan" un vrai bon nanar. On n’a même pas le droit à ce petit plaisir coupable, juste à un très mauvais thriller…


© IPM
Réalisation : Dean Devlin. Scénario : Brandon Boyce. Avec David Tennant, Robert Sheehan, Jacqueline Byers… 1 h 50.