Cinéma

Quand il ne se shoote pas, un Anglais cogne en participant à des combats clandestins dans les intestins de Bangkok.

Un jour, la police débarque dans son trou à rats et le jette dans un dortoir de la prison. Seul Blanc parmi les locaux, il a du mal à s’entendre avec ses 59 colocs dans leurs 40 mètres carrés. Alors, il cogne et il se shoote quand il en a l’occasion. Un gardien lui procure régulièrement une petite dose pour casser du musulman. Notre Billy remplit son contrat avec une conscience professionnelle excessive.

Un jour, il trouve la salle de boxe et rapidement, c’est lui qui représente les couleurs - le beurre noir ? - de sa prison au championnat inter-taules. Ce n’est plus Billy, c’est carrément Rocky. D’ailleurs, il se fait tatouer non seulement l’eye mais tout le tiger dans le dos.


Que reste-t-il d’humain dans ce pitbull ? C’est la question à laquelle ce film de Jean-Stéphane Sauvaire ne répond pas, c’est l’adrénaline qui l’intéresse. Certes, quand on montre autant de complaisance à l’égard de la violence, autant de jouissance masochiste à filmer un viol, autant de tension érotique à caresser un torse tout en tablette de chocolat, autant d’excitation à filmer des combats d’hommes comme si c’était des chiens; on se doit d’ajouter un petit couplet sur la rédemption, au cas où tout le monde ne serait pas "aware" que le kickboxing conduit tout droit à la sagesse cosmique. Regardez Jean-Claude Van Damme.

A moins d’être passionné par les tatouages - les colocataires de Billy le sont des pieds au sommet du crâne; "A Prayer Before Down" n’apporte rien au film de boxe, rien au film de prison, c’est juste de la baston.

On recommandera à ce Sauvaire de regarder "Un prophète" et "De rouille et d’os" car à partir des mêmes ingrédients, il est possible de faire du cinéma.

Réalisation : Jean-Stéphane Sauvaire. Avec Joe Cole, Vithaya Pansringarm… 2h02.

© IPM