Bob et Bobette new look

A.Lo. Publié le - Mis à jour le

Cinéma

Avouons-le : nous craignions le pire avec cette adaptation au grand écran de Bob et Bobette, les héros de feu Willy Vandersteen, monumental best seller de la bande dessinée belge (200 millions d'albums vendus en six décennies). L'univers un rien figé du petit tandem flamand passerait-il le cap du mouvement ? Et le passage à la 3D ne trahirait-il pas les personnages ? Force est de constater que les deux réalisateurs Mark Mertens et Wim Bien ont su ménager la chèvre et le chou : moderniser des personnages (qui fêteront en 2010 leurs 65 ans) tout en respectant l'essence du matériau original. Et derrière le caractère ouvertement commercial de l'entreprise - merchandising et conquête de nouveaux marchés pour des héros essentiellement populaires au sein du Benelux - transparaît un amour sincère pour l'œuvre originale.

"Les Diables du Texas" est librement adapté d'un des albums (le n°125) de la série : Dark City, une petite ville du Far West, est sous la coupe de Jim Parasite, vilain mégalomane qui passe son temps à réduire à une taille lilliputienne tous les représentants de l'ordre, conspirant d'en faire autant pour la planète entière. Le hasard fait échouer l'un des malheureux dans une cargaison de bouteilles de whisky qu'un représentant de commerce entreprenant parvient à fourguer à tonton Lambique. Il n'en faut pas plus pour emmener celui-ci, flanqué de Bob, Bobette, Sidonie et Jérôme, jouer les justiciers au pays de l'oncle Sam.

Le scénario, bon enfant, profite du contexte éminemment universel du western pour laisser les héros de Vandersteen faire montre de leur belgitude. On n'est certes pas en présence d'une œuvre flamboyante à la Pixar ni délirante à la DreamWorks, mais "Les Diables du Texas" révèle un vrai savoir-faire et assume des partis pris risqués - notamment le respect de la ligne minimaliste des personnages, avec des yeux en boutons de bottines a priori inexpressifs. Les voix, notamment, viennent donner du caractère aux personnages. La version française, portée par Maurane (Sidonie), Alain Soreil (Lambique), Circé Lethem (Bobette), Alexandre Crépet (Bob), Jean-Charles de Keyser (surprenant Jérôme) ou François Damiens (le shérif), assume des accents locaux, jamais outrés ni caricaturaux, parce qu'authentiques et qu'on imaginait bien être ceux de Tante Sido et Biquet. Rien n'est édulcoré : en bons héros populaires décomplexés qu'ils sont, la première peut être acariâtre, le second n'hésite pas à s'enfiler pils ou whisky et Jérôme ratisse les frigos.

Comme les bandes dessinées de Vandersteen, cette adaptation est un étrange mélange d'air du temps (ici pour la technique) et de désuet intemporel (la ville de l'Ouest ou la banlieue résidentielle des héros, véritables clichés). A la fois très ambitieux avec son budget de neuf millions d'euros, et sans prétention, le film ne cherche jamais à être chose que ce qu'il est : une aventure pour enfants, avec ses méchants très méchants ou ridicules et ses héros très héroïques ou gaffeurs. Un deuxième volet est déjà en préparation : "Bob et Bobette et les pirates fantômes des Caraïbes". Comme chez Vandersteen, tout est dans le titre.

© La Libre Belgique 2009
A.Lo.

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