Cinéma Une comédie vulgaire et sans recul d’après une success story cynique.

En France, on met peut-être "un pognon de dingue" dans la Sécu, mais on en jette tout autant dans des comédies qui sont de plus en plus synonymes de "daube". Et on s’y fait encore plus de pognon avec la vulgarité clinquante et décomplexée. "Budapest", nous dit-on, est inspiré d’une histoire vraie.

Soit celle de Vincent et Arnaud (Aurélien Boudier et Alexandre Martucci dans la vraie vie), deux anciens d’HEC (le top des écoles de commerce françaises - ça en dit long) qui ont créé une entreprise d’organisation d’EVG.

Attention : il ne faut pas confondre l’EVG (enterrement de vie de garçon) avec l’IVG. Les deux entrepreneurs proposent la virée là où tout est permis, à n’importe quel prix (surtout le plus bas) : Budapest.

Le programme "de rêve" est all-in et mené en limousine-hummer : conduire un tank, tirer à l’AK-47, strip-tease et plus si affinité (l’option "dézinguer un SDF", proposée par un local zélé a été refusée : on n’est pas des sauvages, Monsieur - ouf, merci…).

Le film est à la hauteur du sujet : clinquant, lourd, tape-à-l’oeil, nauséabond… L’esprit Canal est mort. Voici l’esprit caniveau. On ne sait ce que penserait le très fier Viktor Orban de la représentation de son pays, qu’on qualifiera d’"essentialiste", pour faire dans la périphrase.

Elle est du niveau de ce qu’on montrait des pays africains dans les années 30 ou asiatiques dans les années 50. Au moins, quand Hollywood se fend d’un "Very Bad Trip", c’est en exutoire aux excès (et contradictions) consuméristes et puritains des Etats-Unis.

Mais restons de bon compte : la vision que "Budapest" traduit d’une certaine France, cynique, individualiste, élitiste et sexiste (le mec castré parce que sa femme est son boss : Catherine doit adorer…), n’est guère mieux. Sauf que ces caractéristiques sont érigées en source d’un "pognon de dingue".


© IPM
Réalisation : Xavier Gens. Avec Manu Payet, Jonathan Cohen, Monsieur Poulpe,… 1h42