Cinéma François Civil, héros musclé et taciturne d’un film d’action, action, action. Un go fast en moto.

Le burn out menace tout le monde !

Prenons Tony, il a une passion, la moto. Il fait de la compet mais il ne pourra jamais gagner car sa bécane ne suit pas. Et voilà qu’on lui propose de passer une batterie d’essais pour intégrer une écurie pro. Il est sous pression.

Tony a une très jolie ex et un petit garçon. En allant le chercher pour le week-end, il trouve l’appartement dans l’état d’une chambre d’adolescent. Elle cachait de la came pour son nouveau pote qui s’est barré avec. Les gitans lui ont laissé une semaine pour rembourser un montant astronomique. Tony va les trouver et ceux-ci lui proposent une solution : faire le coursier, deux heures quelques nuits par semaine. Deux heures, c’est le temps qu’on lui laisse pour faire Rotterdam-Paris sur deux roues. Il est sous pression.

Tony a aussi un métier. Il est clarkiste dans un entrepôt géant. Son problème, c’est pas sa dextérité mais sa ponctualité depuis qu’il doit caser essais et livraisons. Le patron le tient à l’œil, il est sous pression.

Tony fonce plein pot vers le burn out et on sera immédiatement informé du moment où il l’aura atteint. L’unique fonction du titre "Burn out" est de générer du suspense : quand surviendra la chute ?

En effet, si on attend des informations médicales, psychologiques ou du vécu à propos de cette maladie, ce n’est pas la bonne salle.

Ce film est, en fait, un go fast. Appliquée par les trafiquants de drogue pour convoyer leur marchandise, cette technique a été récupérée par le cinéma pour produire des petits films d’action qui roulent à fond, à fond, à fond. Des films où d’excellents acteurs comme Roshdy Zem dans "Go Fast" où Benoît Magimel dans "Le Convoi" viennent un peu s’encanailler. Il en va de même avec François Civil, une des révélations de l’année, notamment dans "Ce qui nous lie". Et aussi Olivier Rabourdin qu’on voit davantage chez Xavier Beauvois ou Robin Campillo.

La variante proposée par "Burn out" consiste à remplacer des voitures puissantes par une moto dont la vitesse, le défi à l’équilibre, l’état de fatigue du pilote font grimper la sensation de danger. Le problème, c’est l’isolement du conducteur. Impossible de parler avec un passager, de téléphoner. La moto a beau pulvériser les radars, le récit n’avance pas. D’autant que les scénaristes ne risquent pas le burn out. Le pauvre Tony a mis le pneu dans un engrenage assez basique et la façon d’en sortir apparaît hautement improbable. Mais, en dépit des clichés et des stéréotypes, Yann Gollan tient son spectateur en haleine de bout en bout.


© IPM
Réalisation : Yann Gozlan. Scénario : Yann Gozlan, Guillaume Lemans d’après l’oeuvre de Jérémie Guez. Avec François Civil, Olivier Rabourdin, Manon Azem… 1h43.