Cinéma

Burt Reynolds était une immense star hollywoodienne. Il est décédé à 82 ans

La moustache la plus sémillante des années 70 a cessé de frémir. Et avec elle, c’est tout un pan de l’insouciance de l’industrie hollywoodienne qui s’est éteint. Burt Reynolds, l’une des stars les plus populaires des années 70 et 80, est décédé hier au Jupiter Medical Center de Floride, des suites d’une insuffisance cardiaque. Il avait 82 ans.

L’histoire officielle retiendra de lui qu’il fut le premier homme à poser nu pour les magazines de charme ou sa nomination à l’Oscar du meilleur acteur secondaire dans Boogie Night, petit bijou de Paul Thomas Anderson dans lequel il incarnait un producteur de films pornos. Un rôle qui collait assez bien à ce grand charmeur, qui avait aussi incarné un pervers face à Demi Moore dans Strip-tease.

Ancien sportif qui aurait probablement percé au plus haut niveau du football américain s’il ne s’était pas blessé deux fois, Burt Reynolds fut incontestablement le comédien américain le plus sexy des années 70. Qui savait jouer de son charme sans pour autant ne miser que sur lui. Plutôt que de végéter dans des productions mineures, très vite, il opte pour les rôles principaux dans des longs métrages à petit budget, notamment les westerns spaghetti. C’est ainsi qu’il se fait remarquer. Notamment par John Boorman, qui lui confie un des rôles principaux de son film d’action, Délivrance. Et cela marquera à jamais sa carrière.

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Costaud, charmant, frondeur, Burt Reynolds se voit alors confier des rôles sur mesure. Le plus célèbre étant celui du Bandit dans Cours après moi shérif, une sorte de Fast&Furious avant l’heure, avec des bolides rutilants, des conducteurs malins comme des singes et une grosse dose d’humour. Le succès immense de ce divertissement en fait aussitôt une superstar mondiale. Et il ne tourne bientôt plus que ce type de rôle, dans L’équipée du Cannonball, Tu fais pas le poids shérif, Smokey et le Bandit 3 ou Canon Ball 2. Rien que des triomphes au box-office. Mais la répétition lasse la critique, qui commence à se poser des questions sur sa capacité à jouer autre chose que les rigolos de service.

Très touché par ces attaques, il va tenter de diversifier ses apparitions, participer à des œuvres plus ambitieuses (Boogie Nights, Scoop ou Mad Dogs). Une option payante au niveau de la presse, mais pas du public. Pour qui il a fait son temps au milieu des années 90.

Pour autant, il n’a jamais abandonné sa passion. En tout, sa filmographie compte 182 lignes. Et la dernière résume assez bien son œuvre, puisque Quentin Tarantino l’avait engagé pour incarner le logeur de Charles Manson, George Spahn, dans Once Upon a Time in Hollywood.

Il ne verra jamais le résultat sur écran, malheureusement. Avec lui disparaît une grande figure populaire, l’alter ego américain de Jean-Paul Belmondo. Sans lui, c’est une certitude, les années 70 et le port de la moustache n’auraient pas possédé le même charme. S’il a été marié deux fois, on ne compte plus le nombre de célébrités qu’il a séduites pendant ses heures de gloire, de Sally Field à Chris Evert, en passant par Adrienne Barbeau, Raquel Welch, Julie Christie, Rachel Ward, Marthe Keller ou Dinah Shore, qui était de 20 ans plus âgée que lui.

Tous les gros bras d’Hollywood, les Sylvester Stallone, Russel Crowe ou Jason Statham, se réclament ouvertement de lui. Hollywood et le cinéma populaire viennent de perdre un de leurs ambassadeurs les plus charismatiques.