"Bye Bye Germany" : Des histoires pour survivre

H.H. Publié le - Mis à jour le

Cinéma Sam Garbarski s’intéresse aux survivants juifs de la Shoah en Allemagne.

Après la Seconde Guerre mondiale, seuls 4 000 juifs ont choisi de rester en Allemagne. Tous les autres survivants de la Shoah ont fui. Avant de pouvoir s’envoler pour la Palestine ou les Etats-Unis, ceux-ci étaient parqués dans des camps de réfugiés. David Bermann (Moritz Bleibtreu) fait partie de ces candidats à l’exil. En 1946, à Francfort, il cherche à réunir assez d’argent pour émigrer aux Etats-Unis. Mais les autorités d’occupation américaines lui font des misères, refusant de lui accorder une licence pour ouvrir le commerce de linge de maison qu’il souhaite développer avec quelques amis juifs, rescapés comme lui de la barbarie nazie… L’agent spéciale Sara Simon (Antje Traue) enquête sur son passé. Elle cherche à comprendre pourquoi il a reçu un traitement de faveur dans le camp où il était enfermé…

"Parfois, on ne croit pas nous-mêmes à ce qui nous est arrivé." Cette phrase, lâchée par Mermann à son interrogatrice, résume le sentiment qui se dégage du nouveau film de Sam Garbarski. Le titre original ("Il était une fois en Allemagne") est d’ailleurs bien plus clair encore, le cinéaste belgo-allemand décrivant ici la survie d’un homme doué pour raconter des blagues, des histoires. Ce qui lui a permis de sauver sa peau dans les camps.

Comme dans "Le tango des Rashevski", Garbarski excelle dans l’humour juif. Tandis que l’on retrouve, comme dans son précédent "Vijay and I" (déjà avec Moritz Bleibtreu) ce goût pour les histoires que l’on se raconte pour rendre la vie plus belle, plus supportable. Il ne s’agit pas ici pour un acteur au chômage de changer de vie en se grimant en Sick histoire de reséduire sa femme mais pour un survivant de pouvoir continuer à vivre…

Malheureusement, toutes ces bonnes intentions ne suffisent pas. Malgré un humour ravageur, quelques scènes émouvantes, le film semble trop écrit. La reconstitution historique et la mise en scène apparaissent un peu ternes de la part d’un cinéaste qu’on a déjà connu plus inspiré dans "Quartier lointain" ou "Irina Palm"… Tandis qu’à force de jouer sur le vrai et le faux, la vérité et le mensonge, on ne sait plus trop quoi penser de ce film "inspiré d’une histoire vraie et dont ce qui est faux est néanmoins correct"

© D.R.


H.H.

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