Cinéma A voir sur Netflix, ce reportage de Nick Broomfield scrute l’entourage toxique de la star.

Daté de 2016 et visible sur Netflix, Whitney Houston : Can I be me ? H H forme un diptyque inatendu avec Whitney de Kevin McDonald. Le réalisateur Nick Broomfield s’appuie sur des images inédites de la tournée européenne de Whitney Houston en 1999, tournées par Rudi Dolezal.

Partant de là et de témoignages de membres de la tournée, Broomfield explore la relation entre Whitney et quatre proches : ses parents (séparés) Cissy et John, Bobby Brown, son mari, et Robyn Crawford, amie d’enfance, directrice artistique et âme sœur, dont la proximité a nourri des doutes répétés sur la sexualité de la star.

Plus que ce tabou (pour la famille et les managers), qui déjà faisait les choux gras d’une certaine presse de son vivant, Can I be me ? révèle surtout l’emprise ambiguë de la famille et de son mari sur le destin et l’image publique de Whitney Houston, et sa difficulté à se préserver une zone de confort. La mère reporta sur sa fille ses ambitions déçues de chanteuse. Son père lui réclama des dommages et intérêts. Brown obtint en 1999 l’éviction de Crawford, qu’il ne supportait pas (un plan tourné en 1999 suggère qu’elle le lui rendait bien). Selon ses musiciens, ce fut un coup fatal à l’équilibre déjà fragile d’une artiste sous pression constante afin de rester au sommet.

Proche de la sensibilité du Amy d’Asif Kapadia, Can I be me ? suggère que celle-ci, et l’influence néfaste de Brown, précipita la dépendance fatale de Whitney Houston.

A la différence du film de McDonald, on y parle aussi un peu musique. Pattie Howard, une des anciennes choristes de Whitney Houston met en évidence son rôle charnière : "sans elle, pas de Beyoncé et Cie aujourd’hui" explique-t-elle. Et si Broomfield s’avance en terrain privé, il s’abstient de réponse définitive, mais sait tirer des images de 1999 l’indice des failles et de non-dits qui ont eu raison de la star.

Réalisation : Nick Broomfield et Rudi Dolezal. 1h40