Festival de Cannes

C'est la douche tiède pour les frères Dardenne.

La fille inconnue, présenté à Cannes en compétition, n'a que rarement soulevé l'enthousiasme de la critique internationale. La preuve par ces quelques extraits..

Le Parisien: « Le cinéma des frères Dardenne ne change pas : c'est toujours 50 nuances de gris et le glamour est aux abonnés absents. Mais leur façon de regarder les choses et les gens reste tranchante et sans faille. »

En Une, Nice-Matin parle de « déception ». Avant de dézinguer l'enquête policière. « C'est Derrick aux urgences. Le film se traîne, se répète et multiplie les faux pas. » « C'est leur moins bon film à ce jour. » Et de conclure : « La flatteuse réputation des Dardenne risque quand même de souffrir durablement de cette regrettable erreur de diagnostic. »

The Guardian: « Ce n'est pas leur meilleur film, très loin des sommets atteints en 2014 avec leur cinglant Deux jours, une nuit. » Avant de conclure plus positivement que « même leurs faux-pas sont intéressants ».

Le Nouvel Obs titre « Les Dardenne nous avaient habitués à (encore) mieux ». Le magazine se situe dans ceux qui ont aimé : « Le film manque par moments de cette tension qui portait leurs précédents travaux à leur point d’incandescence et créait ce sentiment d’urgence qui les rendaient essentiels. La Fille inconnue ne s’en situe pas moins à un niveau auquel peu de cinéastes peuvent prétendre. »

Les Inrocks eux sont très enthousiastes. Ils qualifient La fille inconnue de « diamant brut » et « d'excellent film. » «Un nouveau diamant brut de nos orfèvres de Seraing, leur plus éclatant et coupant depuis L’Enfant. »

Le Figaro, atteint de "Dardennite chronique" qualifie le film de "navet liégeois".

Evoquant un long métrage qui « se situe dans la tradition des frères Dardenne », Variety insiste surtout sur la perfomance éblouissante d'Adèle Haenel.

The Hollhywood Reporter estime qu'il ne s'agit pas d'une de leurs plus grandes réussites, mais estime que La fille inconnue et son enquête policière « sur un tempo très lent » fait preuve de cohérence par rapport au reste de leur oeuvre. Et de conclure que les deux Liégeois « occupent une place unique entre le naturalisme britannique et le néo-réalisme italien ».

Il y en a donc pour tous les goûts.