Festival de Cannes

Pas d'invitation pour le cinéma belge en sélection officielle du 70 ème anniversaire du festival.

Pas de marches, pas de tapis rouge, pas de film belge en compétition à Cannes cette année. Et pourtant, on y voyait bien Mikael Roskam, le réalisateur de « Rundskop » de retour des Etats-Unis avec « Le Fidèle » Matthias Schoenaerts.

Mais le bel espoir s'est effondré, ce jeudi en fin de matinée, lorsque le président du festival, Pierre Lescure, et son délégué général, Thierry Frémaux, ont annoncé la sélection officielle de la 70 ème édition. La sélection officielle, cela veut dire la liste des films qui seront projetés dans les différentes sections : « Spéciales », « Séances de minuit », « Un certain regard », « Hors compétition » et « Compétition », la plus en vue.

Surprises, retours, nouveaux, abonnés...

« Sélection officielle», c'était aussi le titre de l'ouvrage du sélectionneur, Thierry Frémaux, dans lequel il racontait, jour après jour, un cycle entier, de la palme 2015 à la palme 2016. On y lisait notamment ceci : « La sélection est lisible, structurée et pleine de bons films qui disent l’état du cinéma en 2016. Elle a ce qu’il faut de surprises (Maren Ade, Alain Guiraudie, Kleber Mendonça), de choses intrigantes (le Bruno Dumont, le Cristi Puiu, le Verhoeven), de retours (Pedro Almodóvar, Sean Penn, Cristian Mungiu), de jeunes pousses (Dolan, NWR, Jeff Nichols) et de glamour : George Clooney, qui vient rarement sur la Croisette, offrira son bras à Julia Roberts. »

La sélection 2017 correspond-elle au modèle dans ses différentes composantes ? Difficile évidemment de repérer les surprises sans avoir vu les films. Mais il est tout a fait surprenant de voir un même cinéaste présenter deux films la même année, l'un en compétition, l'autre en section spéciale. Ce tour de force a été réalisé par le Coréen Hong Sangsoo. Des choses intrigantes, on en attend de Yorgos Lanthimos dont on n'a pas oublié « The Lobster » et de Michel « The Artist » Hazanavicius auteur d'un biopic sur Jean-Luc Godard.

Côté retour, le plus spectaculaire est celui de Jacques Doillon qui a sculpté Vincent Lindon en "Rodin". Ozon revient avec la jeune et jolie Marine Vacth et Jérémie Renier, un peu esseulé pour représenter le cinéma belge. On se réjouit de revoir Lynne Ramsay , qui avait électrochoqué la Croisette avec « We need to talk about Kevin ». Tout comme Fatih Akin, qu'on avait progressivement perdu de vue après son double démarrage fracassant (« Gegen die Wand » et « De l'autre côté »). Les jeunes pousses s'appellent Benny et Josh Safdie, Robin Campillo et Noah Baumbach, même s'il n'a rien d'un débutant.

Thierry Frémaux n'a pas cité la catégorie communément appelée les "abonnés" et qui désigne les cinéastes que Cannes a rendu incontournables comme Michael Haneke (Amour) , Sofia Coppola (Marie-Antoinette), Todd Haynes (Carol), Naomi Kawase (Still Water) et Andrey Zvyangintsev (Leviathan).

Quant au glamour, c'est une Nicole Kidman omniprésente dans plusieurs films qui devrait s'en charger mais sans le renfort des grands studios hollywoodiens qui semblent bouder l'événement.

Un programme très incomplet

Dévoilée à plus d'un mois du début du festival le 17 mai prochain, la sélection officielle est encore incomplète et comme les sélections de la Quinzaine des réalisateurs et de la Semaine de la Critique seront connues les 24 et 25 avril, il reste un peu d'espoir pour le cinéma belge.

La stratégie de communication du festival est manifestement orientée au teasing. Il s'agit de faire durer le suspense, avec l'annonce de films supplémentaires, des membres du jury dont seul le président Almodovar est connu, des événements chargés de marquer cette édition anniversaire. On sait juste que le programme de Ciné Classics sera composé de films restaurés ayant participé à la légende de Cannes.

70 bougies obligent, le festival aura l’œil dans le rétroviseur. Aussi, histoire de montrer que l'autre regarde vers l'avenir, Alejandro G. Iñárritu présentera un film en réalité virtuelle, qui ferait autant d'effet au spectateur du XXI siècle que "L'entrée du train en gare de la Ciotat" à celui du XIXème.