Festival de Cannes

Le cinéma de Hong Sangsoo est un cinéma qui a du charme, un charme qui rappelle beaucoup celui des films d'Eric Rohmer. C'est que dans ses 21 films en 21 ans, on trouve beaucoup de livres, de jeunes filles aux traits délicats, de conversations interminables parlant d'amour et de philosophie, d 'hommes déboussolés et de récits en forme de comédies ou de contes se cherchant une morale.

A ces petits plaisirs rohmeriens, Hong Sangsoo ne manque jamais d'ajouter de bonnes rasades de soju, de quoi faire tituber la chronologie. Après le délicieux « Un jour avec, un jour sans », voici cette fois « Le jour d’après ». Le jour d’après quoi ?

C'est une bonne question. En tout cas , ce n'est pas le jour de Bogwan, la cinquantaine, qui va se retrouver, suite de la découverte d'un petit mot secret, au centre d'un triangle amoureux, écartelé entre sa femme jalouse , sa maîtresse avec laquelle il vient de rompre et sa nouvelle employée bien séduisante.

Métaphoriquement, ce n'est pas le jour du spectateur, non plus car Hong Sangsoo s'amuse avec lui en jouant avec la chronologie, les costumes, les ressemblances entre les comédiennes. En somme, il cherche à le mettre dans l'état du patron de cette petite maison d'édition, essayant, sans y parvenir de remettre de l'ordre dans son chaos en expansion. Toutefois, on passe un bien meilleur moment, très ludique même, en observant la descente aux enfers de ce mari lâche et volage dont la consolation finale sera de trouver un sens à sa vie.

Hong Sangsoo, ce cinéaste Sud-coréen; est un véritable phénomène, puis qu’après avoir présenté un film à la Berlinale en février dernier, le voici à Cannes avec deux longs métrages en Sélection officielle. Alors que « Le jour d'après » était projeté en compétition, on pouvait voir, en Séance spéciale, « La caméra de Claire » dont la caractéristique est d'avoir été tourné à l'arrache lors du précédent festival de Cannes, avec la complicité d'Isabelle Huppert.