Festival de Cannes

Une femme descend d'un bus très fatigué en rase campagne. Elle rentre chez elle à travers champs et découvre un avis de la poste sur la porte de sa petite maison. Le colis qu'elle a envoyé à son mari en prison est revenu. Aucune explication et 200 roubles pour le récupérer. C'est une caisse lourde et encombrante, ça met de l'animation dans le bus bondé, il y a ceux qui râlent et ceux qui se moquent de ceux qui râlent. Les uns comme les autres sont sans pitié.

Alors elle décide de se rendre elle-même au pénitencier, à l’autre bout du pays. Devant la gare, les taxis attendent. Tous conduisent à la prison, la fierté de la ville, selon le chauffeur. Son moteur économique explique-t-il et d'appuyer sa démonstration de multiples exemples. Avec avoir payés et remplis les formulaires, la femme est informée que son colis n'est pas accepté. Pourquoi ? Le parcours de la combattante ne fait que commencer.

Pendant 2h20 , on suit les obstacles, les humiliations, les dangers, les risques endurés par cette femme déterminée, obstinée, discrète. Le chemin de croix se déroule en compagnie d'individus déplaisants, glauques, veules, répugnants, malhonnêtes, corrompus, violents, grotesques , livrant une fresque cauchemardesque de la Russie.

Le directeur photo a beau être surdoué, l'académisme de la mise en scène de Sergeï Loznitsa, son nombrilisme, sa lenteur, ses idées ringardes – une longue séance onirique subtile comme le blindage d'un tank soviétique – finissent par avoir raison de la compassion du spectateur à l'égard du personnage principal d'autant que la comédienne tient la même expression de bout en bout.

Ce bel exemple de « film à structure narrative lente » comme aime dire Thierry Frémaux, provoque ici l'effet contraire de celui recherché.