Festival de Cannes

Pour son film traitant de l'histoire d'une famille recueillant une fillette maltraitée, le réalisateur japonais de 55 ans a reçu la Palme d'Or. La 71e édition du festival se terminera avec la diffusion du film "L'Homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam.

Le palmarès

Palme d'or : Hirokazu Kore-eda pour Une affaire de famille


C'est la quatrième fois que le prix le plus prestigieux du festival va à un réalisateur japonais. Première palme d'or nippone depuis "L'Anguille" de Shohei Imamura en 1997, "Une affaire de famille" raconte l'histoire d'une famille qui vivote et chaparde dans les magasins, qui recueille une fillette maltraitée.

Grand Prix : Blackkklansman de Spike Lee

Prix du jury : Capharnaüm de Nadine Labaki

Palme d'Or spéciale : Jean-Luc Godard pour Le Livre d'Image

Au nom du jury, Cate Blanchett a tenu à remettre une Palme d'Or Spéciale à "quelqu'un qui réinvente toujours le cinéma". C'est la productrice du film Mitra Farahani qui est venue récupérer ce prix spécial.

Prix d’interprétation masculine : Marcello Fonte dans Dogman de Matteo Garrone

Prix de la mise en scène : Pawel Pawlikowski pour Cold War

Prix du meilleur scénario : Alice Rohrwacher pour Lazzaro Felice et Nader Saeivar pour Se Rokh

Cette année, deux pris ont été remis dans cette catégorie en raison de l'impossibilité pour le jury de départager les deux meilleurs films nommés.

Prix d’interprétation féminine : Samal Yeslyamova dans Ayka de Sergey Dvortsevoy

Caméra d'Or : Girl de Lukas Dhont

Ce prix récompense le meilleur premier film toutes sections confondues. Le jury a décidé de remettre le prix à un film "alliant délicatesse et puissance". Il s'agit du quatrième prix reçu par cette production belge.

Palme d'or du court métrage : All These Creatures de Charles Williams

Palme d'or du court métrage : All These Creatures de Charles Williams

Mention spéciale du jury des courts métrages : Yan Bian Shao Nian de Wei Shujun


La remise des trophées s'est terminée sur les célèbres marches avec un concert de Sting.


Harvey Weinstein "ne sera plus le bienvenu" à Cannes, affirme l'actrice Asia Argento sur scène

L'actrice italienne Asia Argento, une des accusatrices d'Harvey Weinstein, est montée sur scène samedi soir lors de la cérémonie de clôture du 71e Festival de Cannes, affirmant que le producteur américain accusé de viols et d'agressions sexuelles ne serait "plus le bienvenu" sur la Croisette.

"En 1997, j'ai été violée par Harvey Weinstein (...) Je veux faire une prédiction: il ne sera plus jamais le bienvenu à Cannes", a affirmé l'actrice italienne devenue un symbole du scandale Weinstein, détonateur à travers le monde d'un vaste mouvement de libération de la parole autour des agressions sexuelles.


Primé, un boost pour une carrière

"Personne n'avait la moindre idée de l'effet que Cannes allait avoir" sur "Pulp Fiction": pour John Travolta, l'un des héros culte du film de Quentin Tarantino, couronné sur la Croisette en 1994, l'effet Palme d'or est indéniable.

"Nous pensions avoir fait un petit film d'art et d'essai, qui aurait un public limité. Mais la Palme a tout fait exploser, elle a changé l'histoire du film, et mon histoire", a témoigné l'acteur de "La fièvre du Samedi soir", lors d'une leçon de cinéma cette semaine à Cannes. Les chiffres sont là pour confirmer, avec près de 2,8 millions d'entrées en France, pour un film devenu culte.

Certes, le record de 1953, avec plus de 6,9 millions de spectateurs en France pour "Le salaire de la peur" de Clouzot, avec Yves Montand et Charles Vanel, aura beaucoup de mal à être battu. Reste que la Palme a clairement un effet dopant: "Cette distinction peut multiplier par dix, voire par cent, le nombre de spectateurs", assurait ainsi Jean-Michel Frodon, l'ancien directeur de la revue spécialisée Les Cahiers du cinéma.

5,7 millions de spectateurs français pour "Le troisième homme" de Carol Reed (1949), 5,4 millions pour "Quand passent les cigognes" de Kalatozov en 1958, 4,6 millions pour "Le monde du silence" de Cousteau: les résultats au box-office des films palmés étaient impressionnants dans les années 50. Mais depuis les 4,5 millions d'entrées d'"Apocalypse Now", de Coppola, en 1979, plus aucun film n'a passé le cap des 3 millions.

Centré sur un cinéma d'auteur pour sa compétition, le Festival de Cannes conserve cependant son influence. "Une semaine avant la Palme, +Entre les Murs+ était vendu à une trentaine de copies", expliquait son producteur, Simon Arnal, après le festival 2008: "Sept jours plus tard, il était passé à 368 copies en France et était acheté dans 55 pays", pour 1,6 million de spectateurs en France finalement.

La Palme peut aussi être un atout sur le CV d'un acteur. En 2013, le couronnement de "La vie d'Adèle" d'Abdellatif Kechiche a ainsi lancé la carrière d'Adèle Exarchopoulos.

"Après Pulp Fiction, je n'avais qu'à choisir les films que je voulais faire. J'ai eu 24 ans de possibilités", a encore témoigné John Travolta à Cannes.

Mais la Palme ne fait pas de n'importe quel film un film populaire. Pour "Oncle Boonmee", du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, primé en 2010. Avec à peine 127.000 spectateurs, le film couronné par le jury de Tim Burton est la Palme la plus confidentielle de l'histoire.

A peine mieux pour "The Square", la Palme 2017, avec 351.000 entrées environ. Même si c'était deux fois plus que le film précédent de Ruben Ostlund.