Festival de Cannes

Aujourd’hui sera projeté "Okja", le film qui fait scandale depuis des semaines. Violent ? Sulfureux ? Provocant, Politiquement incorrect ? Dangereux ? Non, produit par Netflix.

Petit flash-back. Cérémonie de clôture de l’an dernier, la Caméra d’or est attribuée à Houda Benyamina. Pourtant son film "Divines" ne sortira en salles que dans son pays de production, la France. Netflix a acheté les droits mondiaux et le réserve à ses abonnés.

Les 13 avril 2017, Thierry Frémaux annonce la sélection officielle du 70e festival dans laquelle figurent deux productions Netflix : "Okja" du Coréen Bong Joon-ho et "The Meyerowitz Stories" de l’Américain Noah Baumbach. Cela signifie que si l’un ou l’autre remporte la Palme, celle-ci restera invisible en salles dans le monde entier. Netflix a prévu de mettre "Okja" dans le tube, dès le 28 juin.

On comprend la grogne des exploitants de salles, français et autres, qui voient la puissance médiatique de Cannes captée par Netflix. Et dans la foulée, l’inquiétude du système de production français dont on sait qu’une partie de chaque billet sert à financer le film français. Un système qui a permis à son industrie cinématographique de mieux résister, une exception culturelle dont les Américains veulent la peau depuis de décennies.

Le festival vient-il de donner un coup d’accélérateur à la prochaine transformation du cinéma ? Et ce n’est pas une simple mutation technologique comme le passage de l’argentique au numérique, mais une révolution dont la salle serait la victime. C’est en tout cas le combat de Netflix. La percée des plateformes VOD (Vidéo à la demande) pourrait détruire l’exploitation du cinéma telle qu’elle existe depuis sa naissance, il y a 120 ans.

Amazon et Netflix s’engouffrent

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