Festival de Cannes

Les soeurs Delphine et Muriel Coulin ont reçu samedi soir le prix du scénario de la section Un Certain Regard pour leur film Voir du Pays. Adapté d'un roman de la première, le film dépeint les trois jours de séance de débriefing d'une section de paras français dans un hôtel touristique, après une mission en Afghanistan. Nous avions rencontré les deux réalisatrices au lendemain de la projection du film, à Cannes.

Dans votre film précédent, Dix-Sept filles, un des personnages revenait déjà d'Afghanistan. C'est un thème qui vous travaille particulièrement ?

Delphine Coulin : Notre famille est originaire de Lorient. Même si nous n'avons pas de militaires au sein de celle-ci, que du contraire, nous en avons toujours vu. J'en ai côtoyés pas mal. Adolescente, parmi mes amies, il y avait deux filles de militaires. Et le père, militaire, de mon meilleur ami l'a forcé à s'engager à seize ans. Ce fut un drame pour lui. Ce milieu m'a toujours intéressé. J'avais au départ envie d'écrire un roman sur les femmes et le violence, en réaction au cliché sur l'idée que les hommes auraient le monopole de la violence. C'est ainsi que j'en suis arrivé à écrire Voir du Pays avec pour héroïnes pour des femmes soldates.