Festival de Cannes

'Ma' Rosa tient une petite, une minuscule épicerie dans une ruelle boueuse de Manille. Sous le comptoir, elle vend aussi des substances illégales afin de faire bouillir la marmite. Et c'est précisément au moment de passer à table que les policiers déboulent dans l'arrière-boutique. 

Avec son mari, elle est embarquée au commissariat mais par la porte de service. Les flics sont bien évidemment corrompus et réclament au pauvre couple une somme exorbitante. Leurs trois enfants parviendront-ils à la réunir ?

En tout cas, la production n'a pas réuni la somme pour s'offrir un scénario, alors on tourne le mélodrame standard avec une petite variation tout de même, ce n'est pas la jeune fille qui se prostitue pour la bonne cause mais son frère.

Ma 'Rosa et les millions de gens qu'elle représente dans les quartiers populaires de Manille ne mérite pas cette dose d'ironie mais Brillante Mendoza, lui-même, l'exploite à sa manière. Alors qu'il enfile les clichés, le spectateur a toujours trois scènes d'avance. Peu lui chaut si les personnages n'ont aucune épaisseur, il soigne son style : son direct assourdissant, musique stridente, plans séquence interminables et netteté douteuse. Brillante Mendoza se pose en héritier de Lino Brocka mais il est ce que Richard Clayderman est Chopin.