Festival de Cannes

Ce n'est pas la dramaturgie, somme tout relativement classique et même un brin prévisible, qui fait la force de Mercenaire. Mais le premier long métrage du Français Sacha Wolff se distingue par sa toile de fond, qui lui donne une épaisseur, une carrure, à la mesure de celle de son héros principal.

Soane est un jeune Wallisien, un insulaire de Nouvelle-Calédonie, qui pratique le rugby. Un chasseur de tête, Abraham, lui apporte une proposition d'un club français. Malgré l'opposition de son père, Soane veut accepter. Non seulement parce que les perspectives d'avenir à Noumea sont inexistantes, mais aussi parce que son géniteur est un homme cruel et violent. Renié par ce dernier, Soane embarque pour la métropole, sans espoir de retour.

A l'arrivé, Soane jaugé comme une banal bête de somme par le président de club, qui estime qu'il ne fait pas le poids. A la rue, le jeune homme échoue chez un autre rugbymen Wallisien, qui a réussi sa carrière à Agen. La solidarité joue et ce dernier lui trouve une place dans un club de division inférieure. La paie est maigre - 400 euros - et doit se compléter de job de sécurité dans une boîte de nuit locale. Mais, malgré les préjugés et les difficultés, Soane trouve petit à petit sa place dans la communauté hétéroclite des tricards du rugby.

Les histoires d'impétrant cherchant autant la gloire que l'affirmation d'eux-mêmes, on connaît. Sacha Wolff va même jusqu'à conserver le corollaire fréquent de la dette qui place le héros en indélicatesse avec un parrain dangereux. Mais la conclusion du film n'ira pas chercher la victoire sur le terrain, façon hollywoodienne. L'accomplissement du héros sera autre.

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