Festival de Cannes

C'est par un fameux chahut provoqué par l'hostilité à l'égard de Netflix et un problème technique que fut lancée, interrompue et puis relancée la projection du brûlot « Okja », le film produit par la célèbre plateforme VOD qui avait mis le feu à la 70e édition.

« Okja » est l'un des 26 petits cochons d'une nouvelle race initié par la société Mirando (qui rime à Monsanto). Elle les a confiés à autant d'éleveurs répartis sur la planète pour voir lequel obtiendrait le meilleur résultat. Rendez-vous dans 10 ans. Voila autant d’années que la petite, Mija, une Coréenne de 12 ans, l'élève avec son grand père dans des montagnes paradisiaques. L'expression « copains comme cochons » semble avoir été inventée pour eux, même si Okja est autrement plus proche de l’hippopotame. Et quand l'heure arrive pour Mirando de récupérer son animal breveté, Mija refuse de s'en séparer. Et on connaît la combativité des petites héroïnes des films de Bong Joon Ho - les spectateurs de « The Host » s'en rappellent. Aidée par le Front de Libération des animaux, elle va rentrer dans le lard de la multinationale.

Toutefois, Bong Joon ho n'entend pas en faire un drame, plutôt une comédie. Mauvais choix. Lancé sur le ton d'un joli conte à la Spielberg sur l’indéfectible amitié entre un enfant et une créature, le film devient donc burlesque avec un Okja lancé dans un magasin de porcelaine, et les méchants de chez Mirando croqués de façon burlesque. Le cinéaste coréen est visiblement très mal l'aise dans le genre. Résultat , ces fabuleux acteurs que sont Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal sont mauvais comme cochons.

Heureusement , il reprend ses esprits et revient sur son terrain, celui du film d'action à vocation métaphorique. Mija se bat pour retrouver Okja et le film se bat pour la cause végétarienne, montrant les abattoirs comme des camps d'extermination. Si des parents veulent détourner leurs enfants du McDo, c'est le film qui leur faut. Après cela, leur progéniture ne tolérera plus de viande dans l'assiette. En dépit d'une réalisation parfois cochonnée, Bong Joon ho atteint son but : encourager la nouvelle génération à devenir végétarienne.