Festival de Cannes

Olivier Assayas c'est « L'Heure d'été », « Carlos », « Après mai ». C'est aussi « Demonlover », « Boarding Gate » et... « Personal Shopper ». Capable du meilleur - il vient d'enchaîner quatre films de très haut niveau- il peut aussi commettre des ratages dans les grandes largeurs. « Personal Shopper » est donc une déception de taille.

L'auteur de « Sils Maria » reprend son actrice, Kristen Stewart et lui confie un rôle très proche, passant d'assistante personnelle d'une star à sa « Personal shopper ». Toujours entre Londres et Paris, elle choisit des vêtements pour sa patronne et les installe dans le dressing de son appartement parisien. On n'en saura guère plus sur le job car le sujet est ailleurs.

En fait, cette jeune femme est perturbée par le décès de son frère jumeau, victime d'une crise cardiaque. Tous les deux étaient médiums et il lui avait fait le serment de lui envoyer un signe de l'autre côté du miroir. Depuis, ses sens sont en alerte de niveau 4, guettant la moindre manifestation surnaturelle.

Quand un véritable auteur s'attaque à pareil sujet, ce n'est pas pour activer les grosses ficelles paranormales du genre. Ainsi, c'est par la culture qu'il introduit le trouble, par la révélation du travail de Hilma Af Klint, une peintre suédoise qui ouvert la voie de l'abstraction bien avant Malevitch en écoutant des voix venues de l'au-delà. Assayas enchaîne pédagogiquement avec les expériences fameuses de Victor Hugo mais échoue à téléporter son idée au XXIe siècle, se prenant les pieds dans une intrigue mal ficelée. Heureusement, il y a Kristen Stewart dont la seule présence énergétique parvient à électriser un peu l'écran. Un tour de force car son principal partenaire est un phone 6 plus.

Voila qui termine la sélection française de cette 69ème édition, le pire cru depuis 70 ans (pas de festival en 1948 et 50).