Festival de Cannes

Elle a quitté la maison familiale à 16 ans, commencé sa carrière de chanteuse à 21, appris en autodidacte à jouer de différents instruments de musique. Elle chine ses fringues gothiques et post-punks - qui lui vont comme un gant. Soko n'était prédestinée à la notoriété que malgré elle, forte d'un talent inné qu'elle a su - et continue - nourrir, développer, exploiter. L'énergie ne transparaît pas dans son attitude corporelle, mais dans ce débit rapide qui caractérise sa parole, sans fard. A Cannes, elle a fait cette année coup double, sans calcul ni préméditation, avec deux films à Un Certain Regard : on l'a vue dans La Danseuse de Stéphanie Di Giusto, remarquable premier long métrage autour de la figure oubliée de la danseuse papillon Loïs Fuller, et en légionnaire traumatisée de retour d'une mission en Afghanistan dans Voir du Pays de Delphine et Muriel Coulin. Petit stress avant le début de l'entretien : l'un(e) ou l'autre journaliste avait agacé la comédienne et chanteuse en revenant lourdement sur les fractures récentes de sa vie privée. On a préféré parler cinéma avec celle qu'on avait découvert sur grand écran ici même, en 2012, dans Augustined'Alice Winocour.

On peut s'amuser à identifier des points communs entre La Danseuse et Voir du Pays.

Oh il n'y en a pas, à part que sont deux films féministes, engagés et réalisés par des femmes.