Festival de Cannes

Il n'y avait déjà presque plus de sifflets lors de l'apparition du logo Netflix , le producteur du nouveau film de Noah Baumbach (Frances Ha). Petit choc tout de même de découvrir Adam Sandler, l'icône du cinéma neuneu, dans le premier plan de ce symbole du cinéma indépendant new yorkais depuis « Les Berkman se séparent ».

Il est au volant de sa voiture et cherche à se garer. On klaxonne derrière, c'est trop court mais il s’obstine et s'énerve. Ça recommence quelques rues plus loin, un cran plus fort. On s'en rendra compte progressivement, cette scène résume tout le film. Elle est la métaphore de l'histoire de Danny qui n'a jamais trouvé sa place, dans la famille, dans la société.

Sa femme vient de l’éjecter de la maison, et le voila, pour quelques jours, de retour chez son père. C'est un sculpteur à la retraite qui a eu son heure de gloire dans les années 60. Le Whitney Museum lui a même acheté une œuvre mais il ne la retrouve plus. Il vit très mal le succès de son meilleur ami, qui va ouvrir une exposition au Moma. La quatrième femme de son père n'est pas ravie de le voir débarquer Danny, non plus ; elle sait que le fils préféré, c'est Matthew, celui qui a réussi.

Noah Baumbach brosse le portrait d'une famille dysfonctionnelle, avec un père égocentrique, aigri par son bilan artistique. Pourtant le bilan familial est pire avec quatre femmes, trois enfants, deux considérés comme de deuxième classe et un de première classe.

Mais Noah Baumbach ne prétend pas creuser profondément le sujet, il s'agit plutôt d'offrir à Dustin Hoffman, Adam Sandler, Ben Stiller et Emma Thompson de très beaux numéros d'acteurs. Et on se régale à la vue de ces virtuoses jouant ne partition à la fois connue et réinventée par leur talent.

Et puis de Dustin Hoffman et Emma Thompson, ça fait deux légendes pour une exceptionnelle montée des marches.