Cinéma Branagh tourne en prises de vues réelles l’adaptation du conte par Walt Disney.

C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes. C’est bien l’avis d’Hollywood qui a remis sur le feu le chaudron des adaptations au cinéma des contes qui ont fait la fortune de l’oncle Walt. Après "La belle au bois dormant" avec "Maléfice", "Hansel & Gretel : Witch Hunters", "Blanche-Neige et le chasseur" avec Kirsten Stewart, voici maintenant "Cendrillon".

Meilleures soupes, c’est vite dit car ces adaptations de studio sont juste très épicées aux effets spéciaux. Mais comme la formule s’avère financièrement efficace, on va nous servir du conte à toutes les saisons comme du super-héros. On peut d’ailleurs prévoir à l’horizon 2020 "Spiderman et le petit chaperon rouge" et "Iron Man prince charmant de Blanche-Neige".

Pourtant, le cinéma a déjà proposé des relectures éblouissantes. On ne citera que "Biancanieves" où le cinéaste espagnol Pablo Berger réinvente Blanche-Neige en Andalousie tout en explorant sa relation avec son père.

Même piste chez Joël Pommerat au théâtre qui avait mis en avant cette dimension dans son adaptation de Cendrillon, creusant le rapport de celle-ci avec son père, personnage falot se laissant mener par le bout du nez par sa nouvelle femme. Pommerat faisait de Cendrillon une héroïne qui se révoltait et prenait son destin en main.

Et Kenneth Branagh alors ? Hé bien, il tourne en prises de vues réelles le dessin animé de l’oncle Walt Disney, petites souris infantilisantes comprises. Son idée est d’en rajouter des couches et des couches pour livrer une très grosse meringue, une pâtisserie géante au-delà de l’écœurement.

Alors une couche de décors et de costumes, Dante Ferretti et Sandy Powell ont carte blanche du moment que cela fait kitsch. Et puis une couche de candeur, Lily James est une blonde de 25 ans qui s’échine à jouer comme si elle en avait encore 8. Une couche de méchante apportée par Cate Blanchett qui prend le chèque sans mettre un gramme de son talent. Au moins Richard Madden, le prince charmant, apporte sa couche de ringardise assortie d’une pub pour le blanchiment des dents. On n’oublie pas la triple couche d’effets spéciaux, pour transformer la citrouille en carrosse et tripler les invités du bal. Et on termine par la couche morale : la place des filles est à la maison en attendant le prince charmant. Quant aux familles recomposées, quelle horreur, regardez ce qu’il advient à cette pauvre Cendrillon.

Y a-t-il une cerise sur la meringue ? Oui, en forme d’escarpins de verre, exit la pantoufle de vair.

Kenneth Branagh tombera-t-il plus bas ? Alors, il va falloir creuser.


Réalisation : Kenneth Branagh. Avec Lily James, Cate Blanchett… 1h45.