Cinéma Michaël Youn dans une comédie christique plus stupide que sacrilège.

A quoi ça tient un film… Parfois à une idée même pas bonne. "Tiens. Et si on transformait Michaël Youn en Jésus ? - C’est tout ? - Oui, c’est tout. Ça devrait suffire pour trouver un public. Avec un petit parfum de sacrilège en plus et on est bon…" De sacrilège, il n’en est même pas question dans "Christ (off)", comédie - si l’on peut dire - qui étire sa mauvaise idée péniblement pendant une heure et demie.

Longs cheveux gras, barbe fournie, Michaël Youn est donc Christophe, Chris pour les intimes. A 33 ans (évidemment), celui qui se prend pour une rockstar vit toujours chez sa mère et son beau-père, qui le foutent dehors pour qu’il se prenne en mains. Alors qu’il joue "Hallelujah" de Leonard Cohen sur une place de village, il est repéré par le père Marc (Lucien Jean-Baptiste), à la recherche d’un guitariste pour son groupe Les Apôtres, qui part faire la tournée des églises pour tenter de récolter les 50 000 € nécessaires à l’ouverture d’un hôpital pour enfants à Haïti. Faisant une entorse à ses convictions, père Marc décide de faire passer Chris pour un prêtre. Et c’est parti pour un tour de France en chansons religieuses.

Sans surprise, Michaël Youn fait du Michaël Youn dans cette comédie stupide et surtout très vulgaire (scato, uro… tout y passe) qui se contente d’aligner les jeux de mots frelatés, les scènes grotesques et de piteuses paraboles avec les Evangiles. On peut ainsi voir Youn changer l’eau en vin, multiplier les pains (après avoir couché avec la boulangère…) ou marcher sur l’eau. Un naufrage assez logique puisqu’on retrouve à la réalisation Pierre Dudan, l’un des comparses de Philippe Lacheau sur les scénarios des pathétiques "Epouse-moi mon pote" et "Alibi.com".


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Réalisation : Pierre Dudan. Scénario : Pierre Dudan, Julien Arruti, Philippe Lacheau Sophie Depooter. Avec Michaël Youn, Lucien Jean-Baptiste, Bernard Le Coq, Victoria Bedos, Jarry… 1 h 31.