Cinéma

James Stewart

Par Jonathan Coe, 208 pages, Cahiers du Cinéma.

Auteur, entre autres, du fameux «Bienvenue au club», Jonathan Coe est un romancier très en vue de la nouvelle génération anglaise. Voila qui rend d'autant plus excitante, sa biographie de l'acteur américain, James Stewart, dont la filmographie compte un nombre exceptionnel de chefs-d'oeuvre: «La vie est belle «de Capra, «The Shop around the corner» de Lubitsch, «The Philadelphia Story» de Cukor, «Vertigo» de Hitchcock, «Autopsie d'un meurtre» de Preminger, «L'homme qui tua Liberty Valance» de Ford... Quand on ajoute l'héroïsme dont il fit preuve pendant la guerre 40-45, il y avait matière à un texte enflammé et cinéphile à propos de celui qui a marqué son art de sa voix lente légèrement hésitante, de sa démarche provinciale, de sa timidité volontaire, de sa grandeur physique et morale.

Aussi, la surprise est complète quand on découvre un ouvrage en forme d'entreprise de démolition où l'auteur anglais s'emploie à écorner, perfidement, l'icône Stewart. Tous les moyens sont bons. En dénigrant les grands maîtres, comme Ford, dont l'écrivain nie l'évolution ou en ridiculisant Capra qui selon Coe, était trop bête pour comprendre ses propres films. Au bout de cette petite biographie sèche, Stewart apparaît en pur réactionnaire militariste, pas bien malin puisqu'il fut aussi le héros de films antimilitaristes. (F.Ds.)

© La Libre Belgique 2004