Cinéma

Mais quel gâchis ! Le sujet est formidable, son potentiel crève les yeux mais on assiste impuissant à une débâcle, une faillite, un naufrage.

On ne met guère de temps à s’en apercevoir. D’emblée, Max Boublil occupe tout l’écran. Il ne joue pas devant la caméra, il se regarde jouer devant un grand miroir. Il rajoute une grimace ici, un tic-là, fait sa fofolle pour se faire rigoler. Il s’aime bien, il se trouve très bon. A son humble avis, Daniel Day Lewis peut aller se rhabiller.

Combien de metteurs en scène a-t-on entendu affirmer que la direction d’acteurs, c’était, à 90 %, choisir le bon comédien ? "Comme des garçons" en est la démonstration : une erreur de casting et le film est irrécupérable. Foutu.

D’autant que ce n’est pas son seul défaut. Le scénario est paresseux. On sent qu’on s’est contenté de la première idée, la plus banale, qu’on ne s’est pas donné la peine d’en avoir une deuxième, de s’éloigner du cliché.

Mais quel gâchis, car saviez-vous depuis quand les femmes ont-elles le droit de jouer au foot en France ? Depuis 1970, soit 25 ans après avoir pu voter pour la première fois.

Julien Hallard empoigne le sujet sous l’angle de la comédie. Pourquoi pas ? D’ailleurs, sur ce terrain, du foot féminin, "Joue-la comme Beckham" en avait fait autant. Mais quelle idée d’avoir un homme comme personnage principal ? Et pourquoi le confier à Boublil. Julien Hallard a-t-il vu "Robin des Bois, la véritable histoire" ?

Mais quel gâchis !

Réalisation : Julien Hallard. Avec Max Boublil, Vanessa Guide, Bruno Lochet… 1h30.

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