Cinéma

Chez Joseph, c’est la débrouille, l’embrouille, la magouille. On vit à la petite semaine dans une ambiance permanente de fin du mois. Car Joseph ne survit plus avec ses petites arnaques, au porte-à-porte qui ne rapporte plus. La concurrence d’Internet écrase tout. Désormais, il faut du plus lourd, du plus risqué, du plus dangereux. Joseph a embarqué Mika dans ses combines, un fils qui commence à avoir d’autres rêves - devenir acteur -, et en a assez d’exploiter ses talents pour embobiner, truander, voler des citoyens lambda.

"Comme des rois" est une plongée dans la mouise. C’est pas glauque car la famille est unie, solidaire, chaleureuse mais l’avenir, c’est juste aller jusqu’au lendemain sans se faire expulser, sans se prendre un coup de boule.

C’est aussi le portrait d’un père toxique. Mais gentiment toxique, il a un bon fond, tous ces petits trafics, c’est pour donner un toit et un repas à sa mère, sa femme, ses enfants et petits-enfants. Pas de diplôme et un casier; il ne voit pas comment en sortir autrement. Ni tout seul. Dans ce cercle vicieux, il n’y a pas de sortie.

Kad Merad et Kacey Mottet Klein forment un beau duo, leurs personnages ne sont pas chargés mais en équilibre entre compassion vis-à-vis de leur situation et agacement tout de même. Des individus qui roulent une vieille dame de 80 ans ou volent des câbles sur des voies de chemins de fer engendrent modérément la sympathie, surtout chez les navetteurs. Bien joué, le film fonctionne sans prendre vraiment, faute d’un ton et d’un point de vue.

Réalisation, scénario : Xabi Molia. Avec Kad Merad, Kacey Mottet Klein, Sylvie Testud… 1h24.

© IPM