Cinéma

Pour une fois, James Bond est une femme : Racine, Alice Racine ! Après avoir foiré à Paris, où elle n’a pas pu empêcher un attentat qui a fait 24 victimes, cette agent de la CIA est réaffectée à Londres, où, en collaboration avec le MI-5, elle travaille en infiltrée dans un centre social islamique. Alors que l’interrogateur londonien de l’agence américaine est retrouvé mort, c’est à elle que l’on fait appel pour interroger un coursier chargé de transmettre le feu vert d’un imam radical à une attaque bactériologique de grande ampleur. Sauf qu’Alice se rend compte rapidement que la CIA elle-même a été infiltrée et qu’elle ne travaille peut-être pas pour ceux qu’elle croyait…

A la barre de ce film d’espionnage tout ce qu’il y a de plus classique, on retrouve Michael Apted, auteur de "Gorilles dans la brume" mais aussi d’un James Bond, "Le monde ne suffit pas" avec Pierce Brosnan en 1999. Le vieux briscard anglais ne force pas son talent pour signer ce thriller efficace, parvenant notamment à intégrer parfaitement son intrigue à la géographie de la capitale anglaise, qu’il filme avec talent et en évitant tout côté carte postale.

Inscrit dans le contexte de paranoïa générale actuel, "Conspiracy" joue à fond la carte de la théorie du complot, montrant qui tire les fils derrière les attentats terroristes. Malheureusement, "Conspiracy" ne parvient jamais à accrocher vraiment. C’est que la série "24 heures chrono" est passée par là et ce film n’apporte rien de plus à tous ces récits d’agents secrets empêtrés dans des intrigues inextricables… La seule originalité est finalement de mettre en scène une femme, Noomi Rapace. L’ex-Lisbeth Salander de la série danoise "Millenium" se montre d’ailleurs plutôt à l’aise dans ce rôle physique, tenant tête à un solide casting, où l’on croise Orlando Bloom, Toni Colette, John Malkovich et même un revenant, Michael Douglas.


© IPM
Réalisation : Michael Apted. Scénario : Peter O’Brien. Avec Noomi Rapace, Michael Douglas, Orlando Bloom, Toni Colette, John Malkovich… 1 h 38.