Cinéma

Coïncidence, nous rencontrions Danny Boyle le 11 décembre, lorsque les nominations pour les Golden Globes furent communiquées. Le réalisateur de "Slumdog Millionaire" évoquait avec philosophie ce que représentaient pour lui les quatre nominations et l’éventualité d’une sélection aux Oscars.

Aviez-vous l'intuition que le film décrocherait quatre nominations aux Golden Globes ?

Je ne pensais pas que le film toucherait le marché américain : c’est un film européen, tourné en Inde, sans star . Mais lorsqu’on l’a présenté aux Etats-Unis, j’ai compris qu’en réalité, c’est "Rocky" en Inde ! Un gars qui n’a rien pour lui et tout contre lui mais qui défie l’adversité... Et à la fin, ce n’est pas l’argent qui importe, mais l’amour d’une femme. Je crois que cela fait aussi écho à l’élection présidentielle où on a vu un homme qui, contre toute attente, par son obstination, son courage, son talent, atteint son but. C’est une histoire qui parle des sociétés et des communautés émergentes.

Un Golden Globe ou un Oscar, est-ce important pour vous ?

Tout qui dirait qu’il ne rêve pas d’un Oscar ment. Mais je ne suis pas convaincu que cela fait forcément du bien à une carrière. L’Oscar peut vous ravager. C’est le pinacle. Certains peuvent s’imaginer à ce point invincibles après en avoir reçu un qu’ils ne font plus que films catastrophiques. Si je dois espérer une récompense, c’est celle du meilleur film. Car c’est la catégorie qui n’implique aucun ego. C’est le film qui gagne, et tous ceux qui l’ont fait.

Cet effet pervers de la reconnaissance hollywoodienne, est-ce que vous l'avez connu après "Trainspotting" ? Sur "The Beach" ?

"The Beach" est un tournage que je n’ai pas vraiment apprécié. Nous avions une star, donc tout l’argent dont nous rêvions. Nous sommes partis avec une centaine de personnes en Thaïlande. C’était une armée en campagne. J’ai compris que ce n’était pas la bonne manière de faire un film. Pour "Slumdog", il était clair que je ne partirais qu’avec une petite équipe britannique - dix personnes tout au plus - et que le restant de l’effectif serait indien. J’ai retrouvé de ma fierté avec "Millions" ou "28 days later".

L’intégralité de cet entretien paraîtra dans La Libre Culture du 14 janvier.