Cinéma Entretien

A 24 ans, David Murgia tient son premier rôle conséquent au grand écran dans "La tête la première", d’Amélie van Elmbt, sélectionné à l’ACID (Assocation pour le Cinéma indépendant et sa diffusion), la plus parallèle des sections parallèles du festival de Cannes. Originaire de la région de Verviers, le comédien est hyperactif : il tourne aux quatre coins de l’Europe avec la première pièce de théâtre écrite et mise en scène par son frère Fabrice, "Le chagrin des ogres". On le voit aussi dans "Le signal du promeneur" écrit et créé avec le Raoul Collectif qu’il a cofondé avec quatre autres comédiens. Et le cinéma lui fait maintenant de l’œil, ce que sa prestation bluffante d’énergie, de naturel et de fraîcheur dans "La tête la première" devrait encore accentuer. Il revient avec nous sur ses débuts cinématographiques fulgurants.

"La Régate", de Bernard Bellefroid (2009). "C’est mon premier long métrage. Ce sont mes premières vraies rencontres dans le milieu du cinéma. Notamment Sergi Lopez, avec qui j’ai appris énormément de choses. Il fait aussi beaucoup de théâtre. On a eu un très bon échange. Il est très intéressé par notre collectif. Sur un plateau, c’est un acteur très simple, très humble. Ça ne m’étonne pas qu’il aime travailler pour le cinéma belge."

"Rundskop", de Michaël R. Roskam (2011). "Un film superimportant. Quatre jours de tournage, mais qui équivalent à quatre ans d’expérience. J’ai dû faire un vrai rôle de composition : jouer un adolescent attardé mental, au crâne rasé, qui louche. Le casting a été une expérience amusante : j’avais été auditionné pour jouer un étudiant qui vend des anabolisants à un fermier, puis pour celui d’un ado qui châtre un autre. Michael Roskam m’appelle quelques jours plus tard et me dit : ‘Bonjour, j’ai un problème : vous êtes pris deux fois sur mon film !’ Finalement, il m’a pris pour jouer le fameux Bruno Scheepers. J’ai joué quatre jours en louchant. Ce n’était pas simple : il fallait être naturaliste, être crédible. En Flandre, le film a eu un impact énorme. L’autre jour, j’étais à Gand, je croise un type qui me pointe du doigt : ‘Bruno Scheepers ! Rundskop ! Les couilles !’."

"La tête la première", d’Amélie Van Elmbt (2012). "Amélie est assistante de Jacques Doillon. Elle est venue à ce titre au Conservatoire de Liège faire un casting. On s’est rencontré dans une taverne près de la gare des Guillemins. On a plus parlé de nos passions théâtrales et cinématographiques que du film de Jacques Doillon. Trois jours après, elle m’a rappelé, non pas pour le film de Jacques, mais pour un projet personnel qu’elle avait dans un tiroir. Il y avait juste cette idée de la rencontre entre le garçon et la fille qui font du stop. C’est comme ça que ‘La tête la première’ a commencé. A partir de là, elle a écrit son scénario. Elle a foncé, réuni une équipe. C’est la première fois que je joue un premier rôle, que la caméra est en permanence sur moi pendant presque tout le film. Rien n’était figé. Elle est restée très ouverte à nos propositions, même si c’était très écrit, parfois jusque dans le déplacement des acteurs autour d’un arbre. C’est aussi une vraie rencontre avec Alice de Lencquesaing. Ce qu’elle a fait dans ‘Polisse’, c’est incroyable. Certaines scènes sont prises sur le vif, notamment la scène du café - c’était de l’impro complète, ou celle avec le gamin."

"Tango Libre", de Frédéric Fonteyne (sortie à l’automne 2012). "Un belle expérience, aussi. J’y fais de la figuration de luxe : je joue un collègue gardien de prison de François Damiens. J’ai peu de scènes, mais j’ai eu beaucoup de jours de tournage. On a tourné dans une vraie prison, en Pologne, une expérience incroyable. J’y ai retrouvé Sergi Lopez. Jaco Van Dormael est venu faire le figurant dans une scène. Frédéric Fonteyne instaure une superbe ambiance sur son plateau. J’admire la relation qu’il noue avec ses collaborateurs, notamment sa chef opératrice Virgine Saint-Martin. A ce compte-là, je veux bien rester figurant toute ma vie ! Suite au tournage, François Damiens est venu dans ‘Le signal du promeneur’ plusieurs fois."

"Je suis supporter du Standard", de Riton Liebman. "Je le tourne pour l’instant. C’est ma première comédie, même si ce n’est pas tout à fait une comédie, puisqu’on y parle aussi d’addiction. C’est fascinant de voir un acteur principal qui est aussi le réalisateur de son film. Riton Liebman me lâche complètement la bride. C’est assez excitant. C’est encore une autre expérience."