Cinéma Oser un feel good movie sur le cancer du sein. Courage ou inconscience ?

Faire léger avec du lourd, surprendre avec de l’attendu, oser un feel good movie avec un cancer du sein; fallait du courage, de la confiance en soi, de l’inconscience du premier film ! Anne-Gaëlle Daval s’est confrontée à un fameux défi. Elle n’en vient pas à bout, tout ne fonctionne pas, mais ce qui marche est épatant, l’évidence d’un talent.

Lucie a un cancer du sein. Avait un cancer du sein et pourtant depuis qu’elle guérie, c’est pire. Quand elle était malade, elle avait tout un programme de soins à suivre et une famille aimante à ses côtés. Maintenant qu’elle peut reprendre sa vie d’avant, elle la sent toute vide et elle se sent toute seule.

Anne-Gaëlle Daval met alors deux personnes sur sa route, un homme et une femme. L’homme c’est un séducteur en moto qui slalome entre les clichés. Saura-t-il lui reconstruire un cœur, des sentiments ? Quant à la femme, elle vend des perruques et anime des cours de danse. Saura-t-elle la réconcilier avec son corps, lui rebouter son estime de soi ?

L’homme, c’est Matthieu Kassovitz, un vrai prince charmant d’aujourd’hui. Il tire le meilleur de certaines scènes dont une inoubliable leçon de drague dans une maison de retraite. Mais ce qui l’attire chez Lucie reste un mystère et quand la sensiblerie s’en mêle même un Kassovitz en grande forme ne peut rien y faire.

La femme, c’est Nicole Garcia. Mais quelle actrice ! La réalisatrice a pris toute la place et on a tendance à oublier l’actrice phénoménale qu’elle peut être. Toutes ces femmes cabossées par la maladie, elle les métamorphose à la full monty, sur un ton, des mots, des corps qui sonnent vrais. C’est la partie la plus réussie.

Lucie, c’est Florence Foresti, atteinte par le syndrome Bourvil : je fais rire mais je voudrais vous montrer que je peux émouvoir, faire un drame. Ça sent le contre-emploi, l’image cassée, la performance, même un peu le César. Elle n’est pas qu’une amuseuse, Florence Foresti, c’est aussi un sacré tempérament mais là, en femme toute molle face à sa mère, on coince. Faut dire que l’interprète de la mère, ça ne va pas du tout.

"De plus belle" laisse au final une sensation curieuse, de très inabouti. Il y a un regard, un angle, un sens du dialogue mais aussi, par ailleurs, un ton trop instable, une direction d’acteur précaire et au final une sensation mitigée.


© IPM
Réalisation, scénario : Anne-Gaëlle Daval. Avec Florence Foresti, Mathieu Kassovitz, Nicole Garcia. 1 h 38.