Cinéma Portrait, un peu cliché, d’un gamin qui doit faire le deuil de sa mère.

Nassim (Khaled Alouach) est content. Ce week-end, il part en forêt avec ses copains du lycée et la jolie Eva. Il dit au revoir à sa mère, visiblement au bout du rouleau, et va profiter de sa jeunesse insouciante. Quand il revient, elle est allongée dans leur petit appartement : overdose de médicaments. Placé dans un foyer en banlieue, Nassim n’ose pas l’avouer à ses copains aisés de Paris. Tandis qu’il doit apprendre à gérer sa nouvelle vie avec des gamins qui ne partagent pas du tout ses centres d’intérêt. Malgré la gentillesse de la directrice Mme Cousin (Yolande Moreau), il a du mal à accepter les contraintes du foyer…

Après un premier long en 2001, "17 rue Bleue", le comédien et réalisateur Chad Chenouga revient avec un second film que l’on sent très personnel. Avec toute la part de vérité que cela offre mais aussi toutes les maladresses. Sur ce thème de l’adolescence en crise, le poids des "400 coups" de Truffaut est malheureusement écrasant. Comme son aîné, Chenouga cherche une forme d’authenticité dans les dialogues, la gouaille parisienne des années 50 cédant simplement la place ici au langage des "té-ci". C’est la partie la plus réussie.

Pour le reste, on est malheureusement dans une évocation assez convenue de l’adolescence, qui pèche par une mise en scène sans relief et une accumulation de clichés. C’est dommage car Chenouga, notamment grâce à l’excellent Khaled Alouach, réussit à capter ce moment dans la vie d’un jeune garçon où tout bascule du jour au lendemain, passant de la bonne société à l’univers des parias, des assistés. Et à cerner ce désespoir quand il comprend que, quoi qu’il fasse, il aura bien du mal à effacer cette tache indélébile que lui impose la société.


© IPM
Réalisation : Chad Chenouga. Scénario : Chad Chenouga&Christine Paillard. Avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu… 1 h 38.