Cinéma

1 CD Decca 986 2124 (Universal)

«I l n'arrive pas souvent qu'on demande à un compositeur de créer une musique où les personnages principaux sont des tigres. Dans ce film, cela m'a donné des possibilités très larges car les sons et la musique se substituent aux dialogues.»

Ainsi Stephen Warbeck, musicien révélé par sa partition de «Shakespeare in Love» explique-t-il son travail sur le nouveau film de Jean-Jacques Annaud. Un rôle capital, s'il en est, puisqu'il s'agit la plupart du temps de préciser les intentions de chaque scène tout en apportant une sorte de couleur locale indochinoise.

Résultat, un soundtrack très varié qui multiplie les atmosphères. Le musicien anglais passe d'une composition douce et soyeuse comme de la fourrure, à une autre majestueuse et descriptive façon «Pastorale» de Beethoven, à une autre stressante comme la menace que les fauves font peser sur leur environnement ou l'homme sur les tigres, à une autre comique limite désuète dans l'esprit de Nino Rota, à une autre qui fait tout pour se faire siffloter («Liberté chérie»).

Soit une partition qui doit se frayer un passage entre utilité et personnalité, entre discrétion et efficacité, entre nostalgie et exotisme, entre classicisme et variété.

© La Libre Belgique 2004