Cinéma

Un premier film lumineux sur un sujet sensible, porté par la magique Clotilde Hesme.

Trentenaire joyeuse aimant faire la fête, Diane est d’une bonne humeur communicative. Elle est généreuse aussi. Elle a ainsi accepté sans hésiter de porter l’enfant de son ami d’enfance Thomas et de son compagnon Jacques. La grossesse se passe à merveille, tandis qu’elle craque pour Fabrizio, électricien venu bosser dans la maison de sa grand-mère, qu’elle retape. Un peu surpris lorsqu’elle lui annonce que le bébé à venir ne sera pas le sien, le jeune homme finit par accepter la situation. Et notre quatuor d’attendre avec impatience la naissance à venir…

Si l’adoption par les couples homosexuels est un sujet délicat, la gestion pour autrui est une question encore plus sensible, beaucoup de féministes redoutant là une dérive vers la commercialisation du corps de la femme… Pour son premier long métrage, le Breton Fabien Gorgeart envisage la GPA non pas sous l’angle sociétal ou politique mais tout simplement sous celui du don. Son ventre, que l’on voit grossir durant tout le film – dont la structure épouse l’avancement de la grossesse –, Diane en fait en effet cadeau à ses deux amis. Même si ce corps qui grandit en elle provoque évidemment irrémédiablement une transformation chez elle.

Très sobre, reposant uniquement sur de scènes très quotidiennes (travaux dans la maison, courses au Brico, échographie, jeux dans le jardin…), “Diane a les épaules” surprend par la justesse et la délicatesse de son regard. Fabien Gorgeart regarde en effet toujours ses personnages avec bienveillance, ne les juge jamais, malgré l’originalité de la situation.

S’il se dégage un tel sentiment de fraîcheur, c’est aussi grâce à son actrice principale, une Clotilde Hesme plus lumineuse que jamais, que le jeune réalisateur avait déjà fait tourner en 2012 dans “Un chien de ma chienne”, court métrage qui traitait déjà d’une grossesse. Face à la comédienne (vue récemment dans la série “Les revenants” ou “Le dernier coup de marteau”), Gorgeart retrouve Thomas Suire et Fabrizio Rongione, qu’il avait dirigés dans “Le sens de l’orientation”. Dans le rôle de cet homme amoureux qui débarque dans la vie de Diane en acceptant le choix qu’elle a fait, le comédien belge est juste et touchant. A l’image d’un premier film très prometteur.


© IPM
Scénario & réalisation : Fabien Gorgeart. Photographie : Thomas Bataille. Musique : Guillaume Baurez. Avec Clotilde Hesme, Fabrizio Rongione, Thomas Suire, Grégory Montel… 1 h 27.