Cinéma La Nigériane Sadé va marquer l’histoire de l’animation Disney.

À l’ombre des grandes oreilles rondes de Mickey, dans les studios Disney, tout le monde ne planche pas uniquement sur les suites (Indiana Jones 5, Maleficient 2, La Reine des neiges 2), spin-off (Star Wars principalement) ou adaptations des grands classiques du dessin animé (Dumbo, Pinocchio, Mulan, Le Livre de la jungle, Peter Pan et compagnie). Il reste encore, et c’est une chance, quelques audacieux désireux, par inconscience ou idéalisme, de miser sur l’originalité.

Le réalisateur (de Dope notamment) producteur Rick Famuyiwa fait partie de ces fans de nouveautés. Séduit par le pitch imaginé par les scénaristes Ola Shokunbi et Lindsey Reed Palmer, il a proposé aux pontes de Disney leur idée. Avec une réaction enthousiaste à la clef. Du coup, voilà les deux écrivaines chargées de développer un scénario amené à marquer l’histoire de l’animation du studio. Et pour cause : grâce à elles, la Nigériane Sadé deviendra la toute première princesse africaine de la pourtant très vaste cour royale Disney.

Pour l’instant, le récit tient en peu de mots. Il s’agit des aventures "d’une jeune fille africaine nommée Sadé, dont le royaume est menacé par des mystérieuses forces maléfiques. Elle endosse ses pouvoirs magiques qu’elle vient de découvrir pour protéger son peuple, avec l’aide du prince du royaume."

Si Mulan, Jasmine, Pocahontas et Moana avaient permis de sortir des cours uniquement européennes, aucune ne venait du continent africain. Sadé comblera donc enfin cette lacune. Pour autant, elle ne sera pas la première princesse black. En 2009, Tiana lui avait ouvert la voie dans La Princesse et la Grenouille. Mais le dessin animé, qui se déroulait à La Nouvelle-Orléans, n’avait rapporté que 267 millions $ au box-office mondial, un score jugé plutôt décevant par les héritiers de l’Oncle Walt. Neuf ans plus tard, les choses ont bien changé. Le triomphe de Black Panther (1,3 milliard $ de recettes) a démontré, une fois pour toutes, que la diversité pouvait rapporter très gros. Sadé devrait le confirmer, même si, actuellement, le projet n’en est encore qu’à ses balbutiements.

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Mais que fait le frère du prince charmant ?

Relater une histoire connue d’un autre point de vue, voilà une idée qui permet de ne pas trop se casser la tête côté scénario tout en rapportant gros. Maléfique, interprétée par Angelina Jolie, l’avait brillamment illustré en 2014. Sans surprise, elle va donc se piquer à nouveau de pourrir la vie de la Belle au bois dormant dès le 29 mai 2020. Suivie, à une date indéterminée, par Cruella d’Enfer, désormais interprétée par Emma Stone pour le plus grand malheur des 101 dalmatiens.

Mais ce n’est pas tout. Dans un registre un peu plus inattendu, Stephen Chbosky, le scénariste de La Belle et la Bête (avec Emma Watson) est en train d’écrire les pages pas nécessairement très glorieuses de la vie du prince charmant. Ou, plus exactement, de son frère, celui dont on ne parle jamais, qu’on ne voit pas à l’écran et qui n’est pas non plus invité aux grands bals donnés en l’honneur de son frangin d’héritier de la couronne.

Aucune date de sortie n’est encore programmée, mais on attend énormément de Prince Charming, autant par son thème que par la personnalité de Stephen Chbosky, qui avait signé un des meilleurs films pour ados de ces dernières années, Le Monde de Charlie (Perks of Being a Wallflower).


Bientôt l’heure de Tic et Tac

Même s’il n’est pas facile de se frayer un chemin au milieu de tous les projets superhéroïques de Marvel, Disney garde malgré tout une petite place pour quelques projets assez inattendus.

Tic et Tac, les deux écureuils facétieux, (il existe un truc pour les différencier : le museau du premier est noir, celui du second rouge), devraient ainsi sortir de leur retraite tranquille. Pour vivre une grande première : des aventures sur grand écran. Avec un mélange qui a fait ses preuves d’images de synthèse et de prises de vues réelles. À 75 ans (leur première apparition remonte au 2 avril 1943, dans un court métrage dont ils n’étaient pas les vedettes, Private Pluto), les deux farceurs se voient enfin offrir la chance de leur vie : quitter le petit écran pour envahir les salles de cinéma. Pour poursuivre les aventures des Rangers du risque, cette série de 65 épisodes tournée entre 1989 et 1992. Look Indiana Jones avec veste en cuir et chapeau de circonstance, Tic y dirigeait une agence de détectives privés dans laquelle le gaffeur de Tac, vêtu lui d’une chemise hawaïenne, était censé l’assister. C’est sur cette base que le studio aux grandes oreilles a commandé à Robert Rugan un scénario de long métrage. Un pari audacieux : même s’il a récolté de nombreux prix pour ses spots publicitaires, le cinéaste n’a, pour l’instant, que des courts métrages à son actif.