Cinéma

Apollon le Grillon (et saltimbanque) ère à travers champs. Une nuit, il découvre une petite abeille qui fredonne “La vie en rose” – sa chanson préférée. Mais, surprise, elle disparaît dans les ruelles du village des Petites Bêtes. Apollon s’endort et se réveille le lendemain au beau milieu des préparatifs de la Fête de la Reine des Abeilles, Marguerite. Un petit numéro du saltimbanque plus tard, et c’est la pagaille. Apollon est arrêté. Huguette la Guêpe, cousine jalouse de Marguerite, y voit l’occasion de mettre à l’oeuvre le complot qu’elle ourdit avec les Frelons et les Nuisibles.

“Les Drôles de Petites Bêtes” forment une collection de livres pour enfants signés par l’illustrateur franco-belge Antoon Krings et publiés chez Gallimard. Avec 18 millions d’albums vendus en 25 ans, c’est un succès d’édition. Ses jeunes lecteurs reconnaîtront à l’écran plusieurs de ses personnages : Mireille l’Abeille, Loulou le Pou, Siméon le Papillon, Carole la Luciole…


Il y a plus qu’un pas (de moucheron) pour transposer cet univers charmant de la page à l’écran. Parce qu’un long métrage, ce doit aussi être un récit au long court. Celui-ci pourrait être l’assemblage d’histoires plus courtes, reliées par un fil (d’araignée) plus ou moins solide (comme dans les “Kirikou” de Michel Ocelot ou “Le Grand Méchant Renard” de Benjamin Renner). Mais le choix de l’auteur, avec son coréalisateur Arnaud Bouron, a été de construire une histoire originale – enfin, pas tout à fait, puisque le trône disputé et l’avidité d’insectes plus belliqueux, on l’a vu 1001 fois dans une “Bug’s Life” ou chez les “Fourmiz”.

Reste la tonalité plus douce, plus tendre, adoptée ici. Et si les auteurs sacrifient à la très répandue animation en images de synthèse, ils n’en proposent pas moins une direction artistique plus personnelle, qui les distingue du tout venant. Les plus jeunes spectateurs se laisseront porter par ce récit efficacement linéaire et des personnages attachants et sympathiques.

Réalisation : Antoon Krings et Arnaud Bouron. Avec les voix françaises de Kev Adams et Virginie Efira. 1h17.

© ipm