Cinéma

Michael Powell par

Martin Scorsese au Musée

Le cinéma de Scorsese n'aurait jamais été le même si, adolescent, il n'avait été bouleversé par les films de Powell et Pressburger.

Je ne peux dire à quel point ses films ont compté pour moi à différents moments de ma vie, aime dire le réalisateur de Casino. Je me souviens très bien de ma première vision de The Red Shoes - particulièrement de la scène de ballet. À l'exception du Fleuve de Jean Renoir, aucun film ne m'a aussi profondément marqué. Lorsqu'en 1975 j'ai enfin rencontré Michael Powell, je venais de terminer Taxi Driver et je savais à quel point ses films avaient influencé les miens. Plus tard, après avoir vu Mean streets, il m'a écrit une lettre où il me disait apprécier le film malgré le fait que j'y avais utilisé trop de rouge. Trop de rouge? Ses films débordent littéralement de cette couleur et mon inspiration venait clairement de là! Les films de Powell et Pressburger, ajoute Scorsese combinent l'humour et l'insouciance du cinéma américain avec la grâce et la beauté - et l'hystérie et l'excès, aussi - du cinéma italien. Et malgré tout ils restent clairement britanniques, même s'ils sont éloignés du cinéma anglais réaliste.

De quoi alimenter une passionnante et double rétrospective tout au long de ce mois d'avril au Musée du cinéma (9 rue Baron Horta 1000 Bruxelles. Renseignements: 02.507.83.70.)

© La Libre Belgique 2001