Cinéma Par Dimitra Bouras

Sur une butte, au détour d’un chemin, à l’abri des regards indiscrets, une grande bâtisse, entre château et villa, surgit au milieu de jardins que l’on imagine volontiers librement fleuris d’herbes folles et fleurs sauvages nonchalamment jetées ici et là. Ce lieu, sorti du passé, est témoin d’étranges allées-venues depuis quelques semaines. Transformé en hôtel de charme vieillot sur lequel le temps a déposé ses marques indélébiles, il fait l’objet des tractations, disputes, rencontres et discussions entre un père et ses trois enfants. Le père vient de perdre sa femme après une longue maladie. Il refuse de lâcher le souvenir de celle qui accompagna sa jeunesse et ses rêves et s’oppose à la logique cartésienne et mercantile de ses héritiers, adultes responsables. Histoire banale, qui se répète dans toutes les familles, mais sous le regard de Géraldine Doignon, ce fait divers prend des tournures de drame humain. Géraldine est une jeune réalisatrice qui se lance pour la première fois dans l’aventure du long métrage. Pour ce faire, elle s’est entourée d’amis, de gens qui lui sont proches et qui l’épauleront si nécessaire plutôt que de lui faire la leçon; Anthony Rey à la production (Helicotronc), Catherine Cosme, chef décoratrice, pour qui Géraldine a peaufiné l’écriture de son scénario de long métrage (Ciels), derrière l’appareil photo qui fait office de caméra, Manu Dacosse et au cadre, Nicolas Boucart. Géraldine Doignon sait qu’elle peut compter sur ses amis derrière la caméra et l’atmosphère du plateau est dénuée de toute tension. Devant l’objectif, Christian Crahay dans le rôle du père donne le ton du film; un homme fatigué par la vie mais toujours habité par la chaleur du rêve. Un homme au regard troublé par son vécu dans lequel étincelle toujours la malice de la curiosité. Ce film, "De leur vivant", est en cours de finition et prochainement disposé à être vu.

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