Cinéma

C'est un des plus intéressants et passionnants réalisateurs japonais qu'accueille Bozar ces 26 et 27 novembre. Un des plus habités et sympathiques aussi. Né en 1972, Katsuya Tomita est un autodidacte du cinéma. Jusqu'à "Saudade" (2011) son troisième film, il travaillait comme chauffeur routier, oeuvrant les week-ends sur ses films avec le collectif Kuzoku formé en 2003. On pourrait qualifier de social le cinéma de Tomita, quelque part pas loin des observations contemporaines d'un Ken Loach. Mais ce serait négliger son humour pince-sans-rire et son refus de toute idéologie. Profondément humaniste, il dispose aussi de la verve visuelle d'un Takeshi Kitano, à sa grande époque.

"Bangkok Nites", que le réalisateur présentera lui-même à Bozar, ce 26 novembre, à 18h, est son film le plus abouti à ce jour. Comme à son habitude, Tomita a préparé ce film pendant quatre ans, au fil de plusieurs séjours à Bangkok. Il découvert le milieu des prostituées réservées aux seuls clients japonais, sujet qu'il traite sans misérabilisme et avec une mise en perspective historique et sociale remarquable.

Nous avons pu rencontrer Katsuya Tomita pour un entretien à bâtons rompus à Paris, où il prépare pour le musée Guimet , à Paris, une installation visuelle, "Hidden Journey of a Thousand Miles by JRP", qui sera visible à partir du 2 décembre.

Vous avez réalisé quatre films en un peu moins de vingt ans. Vous travaillez en dehors du système. Il a fallu quatre ans pour mener à bien “Bangkok Nites” Comment travaillez-vous ?