Cinéma

"C’est con. Tellement con" dit un personnage au cours du film. On ne saurait mieux résumer ce film écrit, mis en scène et interprété par Tarek Boudali. Tout ce qui fait son ton, ses ambitions, son rapport au public se trouve ainsi synthétisé avec un sens aigu de la précision.

Au bled, au Maroc, les parents de Yassine se sont saignés pour envoyer leur fils étudier l’architecture en France. Il est le meilleur de sa promotion mais à la vieille du grand examen, il se laisse entraîner et patatras, adieu diplôme et carte de séjour, le voilà désormais clandestin et manœuvre sur un chantier. Sans l’amitié de Fred, son voisin chômeur, peut-être aurait-il sombré dans le radicalisme. En attendant, comment faire pour obtenir les papiers donnant accès à un job à la hauteur de ses qualifications ? Et de proposer à son pote de l’épouser. Un mariage blanc a flairé un inspecteur, bien décidé à les démasquer. Yassine et Fred n’ont plus d’autre choix que d’afficher leur gaytitude.

Voilà pour le pitch de cette romcom lasagne gratinée, une couche de clichés, une couche de quiproquos, une couche de clichés, une couche de quiproquos, jusqu’à l’indigestion, l’écœurement, le vomissement.

En tête de gondole, Philippe Lacheau surfe sur ses succès de "Babysitting" et "Alibi.com". Il a raison d’en empiler un max; le niveau de la comédie finira bien, un jour, par remonter et alors, il ne lui restera que chroniqueur chez Hanouna.

Petit exemple pour situer le niveau de l’humour. Après des années sans voir son fils, la mère se décide à venir en France. Pour l’empêcher d’entrer dans l’appartement, Fred assomme la pauvre femme voilée en djellaba avec une casserole. Ce qu’il résume par "je lui ai filé un coup cous".

C’est con. Tellement con.


© IPM
Réalisation (?), scénario : Tarek Boudali. Avec Tarek Boudali, Philippe Lacheau, Charlotte Gabris… 1h 32