Cinéma

Ô Jérusalem *

Réalisation: Elie Chouraqui. Scénario: Elie Chouraqui et Didier Le Pêcheur d'après Lapierre et Collins. Directeur de la photographie: Giovanni Fiore Coltellacci. Musique: Stephen Endelman. Avec: J.J.Feild, Saïd Taghmaoui, Patrick Bruel, Ian Holm, Elie Chouraqui... 2 h08.

«Imagine» de John Lennon est, selon Elie Chouraqui, «la plus belle chanson de paix qu'on ait jamais écrite». On y souscrit et c'est la raison pour laquelle on ne jettera pas le bébé avec l'eau du bain d'«Ô Jérusalem». Adapté du roman historique de Dominique Lapierre et Larry Collins, le film a pour toile de fond la création d'Israël au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale de l'Onu adopta le plan de partage de la Palestine en deux Etats, l'un arabe, et l'autre juif. L'idée du livre comme du film, à travers le parcours de deux amis, un Palestinien et un juif devenus ennemis malgré eux, est que l'espoir de paix subsiste si l'on se repose sur les individus. Voeu pieux auquel on voudrait croire mais qu'un demi-siècle après, les faits démentent, hélas! Après une énième guerre au Liban -indirectement liée à la question palestinienne-, le ton du film ressemble à une chanson boy-scout. Assis entre moyens européens et rêves hollywoodiens, Chouraqui n'est pas toujours des plus inspirés. Adapté d'un livre qui paraît dépassé par son propos, «Ô Jérusalem» est aussi daté dans sa mise en scène, rappelant ces superproductions historiques des années 50-60. Les nobles sentiments ne font pas toujours les grandes oeuvres. (A.Lo.)

Dans Paris #

Scénario & réalisation: Christophe Honoré. Image: Jean-Louis Vialard. Production: Paulo Branco. Avec Romain Duris, Louis Garrel, Guy Marchand, Marie-France Pisier... 1 h33.

Ramené à cinq minutes, voilà un projet qui aurait retenu l'attention dans «Paris, je t'aime». Ce projet de cinéma dans le cinéma, d'une évocation de la ville à la manière d'autres cinéastes qui l'ont immortalisée sur la pellicule, c'est bien cinq minutes. Un quart d'heure, c'est beaucoup. Une heure trente, c'est insupportable. En effet, l'idée avancée par Christophe Honoré est que la modernité consiste en la pâle copie de scènes cultes imaginées par les héros de la Nouvelle Vague. Copiant Truffaut, citant Godard, Christophe Honoré prend la pause auteur, alors que Romain Duris se la joue, Louis Garrel se la pète, Guy Marchand s'«auteurise» et Marie- France Pisier cautionne. Où est-on exactement «Dans Paris» ? Au musée Grévin, car c'est de la pellicule de triste cire qui sent la naphtaline. Pathétique. (F.Ds)

© La Libre Belgique 2006