Cinéma

The Room #

Scénario, production & réalisation: Giles Daoust. Photographie: Jean-Marie Nicolas & Raphaël Pannier. Musique: Airlock. Avec Pascal Duquenne, Caroline Veyt, Philippe Résimont... 1 h30.

Après «Last Night on Earth», Giles Daoust revient avec un second film toujours aussi amateur. Il se concentre ici sur la relation ambiguë qu'entretiennent Alex, jeune trisomique paraplégique, et sa soeur Melinda, qui vieille sur lui au quotidien. Enceinte jusqu'aux dents, la jeune fille est sur le point de quitter le domicile familial, dont l'atmosphère est devenue invivable, entre la mère hystérique et le père artiste raté colérique. Lors d'un repas dominical, leur vie bascule quand une étrange porte en bois fait son apparition... Si Daoust choisit le fantastique, ce n'est pas pour nous livrer un slasher à la belge mais pour explorer les tensions qui peuvent exister au sein de la cellule familiale, qu'il s'applique à faire littéralement exploser, bain de sang à l'appui. Malheureusement, dès qu'il parvient à installer la tension, le réalisateur la casse systématiquement en grossissant le trait. Si Caroline Veyt et surtout Pascal Duquenne -en méchant- parviennent à tirer leur épingle du jeu, Philippe Résimont, en papa dérangé, agace à coups de colères théâtrales et de grimaces surexpressives... Enfin, toutes les thématiques, de l'inceste au handicap en passant par l'impuissance, sont surlignées par un symbolisme lourdingue axé autour de la naissance. Plus grave, ces thèmes ne semblent convoqués que par jeu gratuit, voire complaisant... (H.H.)

Alexandrie... New York #

Réalisation: Youssef Chahine. Scénario: Youssef Chahine & Khaled Youssef. Production: Humbert Balsan. Photographie: Ramses Marzouk. Musique: Yehia El Mougy. Montage: Rashida Abdel Salam. Avec Mahmoud Hemida, Youssra... 2 h08.

A l'occasion d'une rétrospective de son oeuvre à New York, Yehia, réalisateur égyptien, retrouve Ginger -attention clin d'oeil... -, son amour de jeunesse, rencontré lors de leurs études au prestigieux Institut californien d'art dramatique. Quarante ans plus tard, ils se retrouvent pour faire le constat de l'échec de leur rêve américain. Dans cet hommage au cinéma hollywoodien et à ses grandes comédies musicales, Youssef Chahine livre une fable autobiographique sur le devenir d'une Amérique qu'il a tant aimée. Mais il y a plus ici de bile -celle de l'absence de reconnaissance de son oeuvre outre-Atlantique- qu'une véritable réflexion. Ouvertement kitsch, «Alexandrie... New York» déçoit totalement de la part d'un auteur encensé pour «Le destin» et qui s'était même vu décerner en 1997 le Prix du 50 éme anniversaire du Festival de Cannes. (H.H.)

© La Libre Belgique 2006